L’esprit de famille chez les Vinteuil

L’esprit de famille chez les Vinteuil

 

Tel père, telle fille… Les mêmes gestes, les mêmes mots, dans la même maison… Comme un écho…

Vinteuil puis sa fille se comportent et parlent de même, le premier avec d’un morceau de musique, la seconde avec un portrait de son père.

*Quand on était venu lui annoncer mes parents, j’avais vu M. Vinteuil se hâter de mettre en évidence sur le piano un morceau de musique. Mais une fois mes parents entrés, il l’avait retiré et mis dans un coin. Sans doute avait-il craint de leur laisser supposer qu’il n’était heureux de les voir que pour leur jouer de ses compositions. Et chaque fois que ma mère était revenue à la charge au cours de la visite, il avait répété plusieurs fois « Mais je ne sais qui a mis cela sur le piano, ce n’est pas sa place », et avait détourné la conversation sur d’autres sujets, justement parce que ceux-là l’intéressaient moins. (1, 80)

 

*Au fond du salon de Mlle Vinteuil, sur la cheminée était posé un petit portrait de son père que vivement elle alla chercher au moment où retentit le roulement d’une voiture qui venait de la route, puis elle se jeta sur un canapé, et tira près d’elle une petite table sur laquelle elle plaça le portrait, comme M. Vinteuil autrefois avait mis à côté de lui le morceau qu’il avait le désir de jouer à mes parents. Bientôt son amie entra. […] — Oh! ce portrait de mon père qui nous regarde, je ne sais pas qui a pu le mettre là, j’ai pourtant dit vingt fois que ce n’était pas sa place. (I, 113-115)

 

Tel lecteur sera sensible à cette répétition, tel autre y verra une ficelle un peu grosse.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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