Quel cirque !

Quel cirque !

 

Comme c’est plaisant ! Et instructif…

Quelle autre méthode pour s’imprégner corps et âme, d’À la Recherche du Temps perdu ­­ — alors qu’on l’a lue dix fois —  qu’en la sondant mot après mot ?

Sans plus de fierté que ça, je crois innover en décortiquant l’œuvre du précieux Marcel.

Un nouvel exemple : un cirque ambulant vient de se poser, pour quatre jours de représentations, à Illiers-Combray.

Cirque 1 Cirque 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cirque 4

 

 

 

 

 

 

Cirque 3

 

 

 

 

 

 

Bonjour les p’tits z’enfants !

 

 

Un nez de pitre n’est pas pour faire peur au fou de Proust que je suis et la recherche du mot « cirque » dans la Recherche ne me paraît pas farfelue. Et j’ai eu bien raison. Dans cette acception, il apparaît quatre fois dans quatre tomes différents (plus deux dans le sens d’espace naturel semi-circulaire).

 

On a beau croire bien connaître l’œuvre, on n’aurait pas parié lourd sur la présence de « cirque forain » et de « clown enfariné» dans ses pages. Et on aurait eu tort. Des surprises, Proust nous en réservera toujours.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

Les extraits :

*Tout à coup l’air se déchira : entre le guignol et le cirque, à l’horizon embelli, sur le ciel entr’ouvert, je venais d’apercevoir, comme un signe fabuleux, le plumet bleu de Mademoiselle. Et déjà Gilberte courait à toute vitesse dans ma direction… I

 

*Et, en effet, le prince [de Sagan] faisant comme dans une apothéose de théâtre, de cirque, ou dans un tableau ancien, faire front à son cheval dans une magnifique apothéose, adressait à Odette un grand salut théâtral et comme allégorique où s’amplifiait toute la chevaleresque courtoisie du grand seigneur inclinant son respect devant la Femme, fût-elle incarnée en une femme que sa mère ou sa sœur ne pourraient pas fréquenter. II

 

*Au contrôle, comme dans ces cirques forains où le clown, prêt à entrer en scène et tout enfariné, reçoit lui-même à la porte le prix des places, la « marquise », percevant les entrées, était toujours là avec son museau énorme et irrégulier enduit de plâtre grossier, et son petit bonnet de rieurs rouges et de dentelle noire surmontant sa perruque rousse. III

 

*Nous arrivâmes au Bois. Je pensais que, si Albertine n’était pas sortie avec moi, je pourrais en ce moment, au cirque des Champs-Élysées, entendre la tempête wagnérienne faire gémir tous les cordages de l’orchestre, attirer à elle, comme une écume légère, l’air de chalumeau que j’avais joué tout à l’heure, le faire voler, le pétrir, le déformer, le diviser, l’entraîner dans un tourbillon grandissant. V

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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