On dirait… (Françoise)

Françoise

Chardin, Jean Siméon, peintre français (1699-1779) : [Portrait de Madame Chardin]

*le nœud de velours, la coque de ruban qui eussent ravi dans un portrait de Chardin ou de Whistler, Françoise les avait placés avec un goût infaillible et naïf sur le chapeau devenu charmant. (II, 157)

Chardin, Portrait de Madame Chardin

Chardin, Portrait de Madame Chardin

 

Whistler, James Abbott Mc Neill, peintre américain lié au mouvement symbolique et impressionniste (1834-1903) : [Portrait de Lady Meux]

 

Whistler, Portrait de Lady Meux

Whistler, Portrait de Lady Meux

 

[Bourdichon, Jean, enlumineur français (1457-1521) : Livre d’heures : Anne de Bretagne [recevant le dominicain Antoine Dufour]

*Pour remonter à un temps plus ancien, la modestie et l’honnêteté qui donnaient souvent de la noblesse souvent au visage de notre vieille servante ayant gagné les vêtements que, en femme réservée mais sans bassesse, qui sait «tenir son rang et garder sa place», elle avait revêtus pour le voyage afin d’être digne d’être vue avec nous sans avoir l’air de chercher à se faire voir, Françoise, dans le drap cerise mais passé de son manteau et les poils sans rudesse de son collet de fourrure, faisait penser à quelqu’une de ces images d’Anne de Bretagne peintes dans des livres d’Heures par un vieux maître, et dans lesquelles tout est si bien en place, le sentiment de l’ensemble s’est si également répandu dans toutes les parties que la riche et désuète singularité du costume exprime la même gravité pieuse que les yeux, les lèvres et les mains. (II, 157)

Bourdichon, Anne de Bretagne recevant le dominicain Antoine Dufour

Bourdichon, Anne de Bretagne recevant le dominicain Antoine Dufour

 

[Prud’hon, Pierre-Paul, peintre français (1758-1823)] : La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime

*En ce moment, tenant au-dessus d’Albertine et de moi la lampe allumée qui ne laissait dans l’ombre aucune des dépressions encore visibles que le corps de la jeune fille avait creusées dans le couvre-pieds, Françoise avait l’air de la «Justice éclairant le Crime». La figure d’Albertine ne perdait pas à cet éclairage. (III, 252)

Prud'hon, La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime

Prud’hon, La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime

 

Demain, Swann.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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  1. je suis en ce moment entrain de déguster ces mêmes phrases que vous avez notées plus haut. C’est un pur délice dans le rythme, les détails et la peinture des mots. On dirait de la musique de Bach, un enchantement.

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