Nombres — Les unités

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Les unités

 

1

il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François 1er et de Charles Quint. (I)

« C’est la princesse Mathilde, me dit-il, vous savez, l’amie de Flaubert, de Sainte-Beuve, de Dumas. Songez, c’est la nièce de Napoléon 1er ! Elle a été demandée en mariage par Napoléon III et par l’empereur de Russie. Ce n’est pas intéressant ? Parlez-lui un peu. Mais je voudrais qu’elle ne nous fît pas rester une heure sur nos jambes. » (II)

Comme je lui ai dit : Ce n’est pas une raison parce que tu as eu un militaire dans ta famille», répondit la Princesse, faisant avec cette brusque simplicité, allusion à Napoléon 1er. (II)

Plus que neveu peut-être. La première princesse de Borodino passait pour avoir eu des bontés pour Napoléon 1er qu’elle suivit à l’île d’Elbe, et la seconde pour Napoléon III. Et si, dans la face placide du capitaine, on retrouvait de Napoléon 1er, sinon les traits naturels du visage, du moins la majesté étudiée du masque, l’officier avait surtout dans le regard mélancolique et bon, dans la moustache tombante, quelque chose qui faisait penser à Napoléon III ; (III)

Mais aussitôt, redevenant de Napoléon III Napoléon 1er, il faisait remarquer que le paquetage n’était pas astiqué et voulait goûter à l’ordinaire des hommes. (III)

Il ne faut pas oublier qu’au Camp du drap d’or, comme le roi d’Angleterre demandait à François 1er quel était le plus noble des seigneurs là présents : « Sire, répondit le roi de France, c’est Courvoisier. » (III)

Or Napoléon a donné ce titre de Tarente à un soldat, qui pouvait d’ailleurs être un fort bon troupier, mais en cela l’empereur a disposé de ce qui lui appartenait encore moins que Napoléon III en faisant un duc de Montmorency, puisque le Périgord avait au moins pour mère une Montmorency, tandis que le Tarente de Napoléon 1er n’avait de Tarente que la volonté de Napoléon qu’il le fût. (III)

La tomate n° 2 se plaisait avec frénésie à faire exclusivement les délices des dames, la tomate n° 1 ne détestait pas condescendre aux goûts de certains messieurs. Or chaque fois que, secoué, ainsi que par un réflexe, par le souvenir des bonnes heures passées avec la tomate n° 1, M. Bernard se présentait « Aux Cerisiers », myope (et du reste la myopie n’était pas nécessaire pour les confondre), le vieil Israélite, jouant sans le savoir Amphitryon, s’adressait au frère jumeau et lui disait : « Veux-tu me donner rendez-vous pour ce soir. » (IV)

Aussi est-ce dans un sens d’instinct de conservation qu’il dira du mal du concurrent possible, soit avec les gens qui peuvent nuire à celui-ci (et sans que l’inverti nº 1 s’inquiète de passer pour menteur quand il accable ainsi l’inverti nº 2 aux yeux de personnes qui peuvent être renseignées sur son propre cas), soit avec le jeune homme qu’il a «levé», qui va peut-être lui être enlevé et auquel il s’agit de persuader que les mêmes choses qu’il a tout avantage à faire avec lui causeraient le malheur de sa vie s’il se laissait aller à les faire avec l’autre. (IV)

ce même garçon mettait pourtant au-dessus de l’argent son diplôme de 1er prix du Conservatoire et qu’on ne pût tenir aucun propos désobligeant sur lui à la classe de flûte ou de contrepoint. (IV)

Pour le jeune violoniste, au contraire, le nom de Morel était indissolublement lié à son 1er prix de violon, (IV)

Soit dit sans pédantisme, une charte de Robert 1er nous donne pour Orgeville Otgervilla, le domaine d’Otger. (IV)

Est-ce que Son Altesse est bien portante). Si elle change de tramway, je prends, avec peut-être les microbes de la peste, la chose incroyable appelée « correspondance », un numéro, et qui, bien qu’on le remette à moi, n’est pas toujours le n° 1 (IV)

costumes en papier, dessinés, coupés, peints par Elstir, qui étaient des chefs-d’œuvre, Brichot ayant porté une fois celui d’un grand seigneur de la cour de Charles VII, avec des souliers à la poulaine, et une autre fois celui de Napoléon 1er, (V)

une valeur en quelque sorte historique et de curiosité, comme celle que le tableau de Charles 1er par Van Dyck, déjà si beau par lui-même, acquiert encore du fait qu’il est entré dans les collections nationales, par la volonté de Mme du Barry d’impressionner le Roi. (VI)

Swann, ayant raconté que des taches pareilles attestent sur les livres ayant appartenu à Napoléon 1er, livres possédés, malgré ses opinions antibonapartistes, par le duc de Guermantes, que l’empereur chiquait, VII

 

2

Avec le seul exemple de Du côté de chez Swann, les occurrences de « deux » en lettres (entre parenthèses, le nombre de fois) :

deux étages (2), deux portes, deux années, deux coups (4), deux sœurs (2), deux vieilles demoiselles, deux belles-sœurs (2), deux jours, deux lits, deux chambres, deux briques, des asperges deux fois grosses comme celles de la mère Callot, deux sous, deux fois (3), deux lettres, deux tapisseries, deux voisines, deux par deux, deux charmants hôtels, deux beaux galets, deuxième rue, deux catégories, deux méchantes gorgées, deux ans (2), deux degrés, deux pièces, deuxième rang, deux chevaux (2), deux heures plus tard, deux vantaux, deux étés, deux marques d’or, deux maisons (2), deux malandrins, deux sous, deux dalles, plié en deux, tous deux (2), deux minutes, deux épaules, deux papillons, deux ou trois livres, deux kilomètres (2), deux pas, deux mois, deux « côtés », deux entités, deux parties, deux côtés, deux rangs, deux clochers, deux épis, deux ans, la promenade du côté de Méséglise était la moins longue des deux…

 

Le temps qu’avait duré cette réponse, M. de Châtellerault s’était ressaisi, mais il songeait qu’il fallait au plus vite faire volte-face en direction de Mlle de la Canourque ou de Miss Foster, les grands partis nº 2 et nº 3, demander patience aux créanciers qui attendaient le mariage Ambresac, et enfin expliquer aux gens auxquels il avait dit aussi que Mlle d’Ambresac était charmante que ce mariage était bon pour Bibi, mais que lui se serait brouillé avec toute sa famille s’il l’avait épousée. (III)

En tous cas, apprendre qu’il existe peut-être un univers où 2 et 2 font 5 et où la ligne droite n’est pas le chemin le plus court d’un point à un autre (IV)

Bloch nous quitta devant sa porte, débordant d’amertume contre Saint-Loup, lui disant qu’eux autres « beaux fils galonnés » paradant dans les États-Majors ne risquaient rien, et que lui, simple soldat de 2e classe n’avait pas envie de se faire « trouer la peau » pour Guillaume. VII

 

3

nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les livres où il y a des choses essentielles (I)

Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m’apporte un peu moins que la seconde. (I)

cette privation non de trois jours mais de quinze (I)

Son appartement particulier donnait sur la rue Saint-Jacques qui aboutissait beaucoup plus loin au Grand-Pré (par opposition au Petit-Pré, verdoyant au milieu de la ville, entre trois rues), et qui, unie, grisâtre, avec les trois hautes marches de grès presque devant chaque porte, semblait comme un défilé pratiqué par un tailleur d’images gothiques à même la pierre où il eût sculpté une crèche ou un calvaire. (I)

Seulement, un jour, au détour d’une petite rue provinciale, j’aperçus, en face du croisement de trois ruelles, une muraille fruste et surélevée, avec des verrières percées en haut et offrant le même aspect asymétrique que l’abside de Combray. (I)

je sais un fenêtre où on voit après un premier, un second et même un troisième plan fait des toits amoncelés de plusieurs rues, une cloche violette (I)

à trois rues de nous, l’emballeur, avant de clouer ses caisses, faisait demander à Françoise si ma tante ne « reposait pas » (I)

deux ou trois guêpes passaient la journée à herboriser (I)

à la troisième page, le compte rendu de l’Académie des Inscriptions (II)

« passant tous les ans trois mois chez la reine d’Espagne » (III)

« Seuls, s’élevant du niveau de la plaine et comme perdus en rase campagne, montaient vers le ciel les deux clochers de Martinville. Bientôt nous en vîmes trois : venant se placer en face d’eux par une volte hardie, un clocher retardataire, celui de Vieuxvicq, les avait rejoints. Les minutes passaient, nous allions vite et pourtant les trois clochers étaient toujours au loin devant nous, comme trois oiseaux posés sur la plaine, immobiles et qu’on distingue au soleil. Puis le clocher de Vieuxvicq s’écarta, prit ses distances, et les clochers de Martinville restèrent seuls, éclairés par la lumière du couchant que même à cette distance, sur leurs pentes, je voyais jouer et sourire. Nous avions été si longs à nous rapprocher d’eux, que je pensais au temps qu’il faudrait encore pour les atteindre quand, tout d’un coup, la voiture ayant tourné, elle nous déposa à leurs pieds; et ils s’étaient jetés si rudement au-devant d’elle, qu’on n’eut que le temps d’arrêter pour ne pas se heurter au porche. Nous poursuivîmes notre route; nous avions déjà quitté Martinville depuis un peu de temps et le village après nous avoir accompagnés quelques secondes avait disparu, que restés seuls à l’horizon à nous regarder fuir, ses clochers et celui de Vieuxvicq agitaient encore en signe d’adieu leurs cimes ensoleillées. Parfois l’un s’effaçait pour que les deux autres pussent nous apercevoir un instant encore ; mais la route changea de direction, ils virèrent dans la lumière comme trois pivots d’or et disparurent à mes yeux. Mais, un peu plus tard, comme nous étions déjà près de Combray, le soleil étant maintenant couché, je les aperçus une dernière fois de très loin qui n’étaient plus que comme trois fleurs peintes sur le ciel au-dessus de la ligne basse des champs. Ils me faisaient penser aussi aux trois jeunes filles d’une légende, abandonnées dans une solitude où tombait déjà l’obscurité (III)

Et au jour de l’an suivant, au lieu d’envoyer au docteur Cottard un rubis de trois mille francs en lui disant que c’était bien peu de chose, M. Verdurin acheta pour trois cents francs une pierre reconstituée en laissant entendre qu’on pouvait difficilement en voir d’aussi belle. (III)

Puis elle disparut. Il souhaita passionnément la revoir une troisième fois. (III)

contre cette cloison les trois petits coups que ma grand’mère reconnaîtrait entre mille (IV)

Je ne serai pas libre avant une quinzaine de jours ou trois semaines. (IV)

Je change ainsi jusqu’à trois, quatre fois de « voiture ». (IV)

quel maigre concert doivent donner au Paradis les trois ou quatre anges musiciens des vieux peintres (V)

Sans cela le taux des saints, si vous voyez de la sainteté là dedans, se tient, en règle générale, entre 3 et 4 sur 10. » (V)

« Trois sur dix, s’écria Brichot ! […] Trois sur dix ! » […]  « Trois sur dix ! (V)

comme il était resté sous le coup de la proportion de « trois sur dix » […] puisqu’il n’y avait que trois innocents sur dix […] (V)

sacrifier chaque année dix mille francs pendant trois ans ce n’est pas impossible. (V)

« Une seconde », interrompit Jupien qui avait entendu une sonnette retentir à la chambre n° 3. (VII)

 

4

faisant quatre lieues à pied (I)

postérieurs non plus seulement de quinze siècles à la Nativité, mais de quatre au peintre lui-même (II)

Il conseilla des titres à faible rendement qu’il jugeait particulièrement solides, notamment les Consolidés Anglais et le 4% Russe. (II)

un groupe plus restreint de quatre (III)

sans avoir besoin d’être treize comme dans le roman de Balzac, ni quatre comme dans les Trois Mousquetaires. (III)

quel maigre concert doivent donner au Paradis les trois ou quatre anges musiciens des vieux peintres (V)

Comme un tel sommeil a été — en moyenne — quatre fois plus reposant, il paraît à celui qui vient de dormir avoir été quatre fois plus long, alors qu’il fut quatre fois plus court. Magnifique erreur d’une multiplication par seize (V)

à supposer même que nous ne fissions que des croisières de quatre mois, il coûterait plus de deux cent mille francs par an d’entretien. (VI)

elle avait vu ma tante Léonie donner à Eulalie quatre billets de mille francs, alors qu’un billet de cinquante francs plié en quatre me paraissait déjà peu vraisemblable (VI)

je me suis tenu à quatre pour ne pas leur répondre (VII)

 

5

au cinquième étage d’un escalier D (I, 273)

je vis s’avancer cinq ou six fillettes (II, 256)

vous pouviez arriver dîner à cinq, à six, ce n’était pas la viande qui manquait (III, 13)

il existe peut-être un univers où 2 et 2 font 5 (IV)

je ne dis pas que Jeanne l’Algérienne ne lui donnait pas quelque chose, mais elle ne lui donnait pas plus de cinq francs, une femme qui était en maison, qui gagnait plus de cinquante francs par jour. (VII)

 

6

plus de six mois en contact quotidien avec moi (I)

depuis six ans que celle-ci était mariée (I)

six mois de l’année (I)

je vis s’avancer cinq ou six fillettes (II, 256)

Je n’aurais pas été étonné qu’il eût fallu ôter plus de six syllabes à cette phrase monstrueuse pour en faire un vers de douze pieds. (III)

il n’avait pas dormi depuis six jours (III)

vous connaissez les Sept Princesses ? répondit la duchesse à M. d’Argencourt. Tous mes compliments ! Moi je n’en connais qu’une, mais cela m’a ôté la curiosité de faire la connaissance des six autres. (III)

« Mais il n’y a pas erreur, répondit Mme de Villeparisis, le mandat télégraphique coûte six francs soixante-quinze. (III)

Je vais dès demain aller raconter à tout le monde l’histoire du mandat télégraphique et des six francs soixante-quinze que vous m’avez retenus sur les trois mille francs que je vous avais prêtés, je vous déshonorerai. » (III)

dès qu’il s’agissait de rendre compte à sa Compagnie, il divisait par 6 ce qu’il avait gagné. (IV)

« On les vend six sous la douzaine… » […] « On les vend six sous la douzaine… » (V)

 

7

le géant aux bottes de sept lieues (IV)

« Mais il ne faudrait pas que l’Archange me demandât, comme à Daniel, de patienter « sept semaines et soixante-deux semaines » (V)

Voilà le 7 qui sonne encore. Ils disent qu’ils sont malades. Malades je t’en fiche, c’est des gens à prendre de la coco, ils ont l’air à moitié piqués, il faut les foutre dehors. A-t-on mis une paire de draps au 22 ? Bon, voilà le 7 qui sonne encore, cours-y voir. (VII)

 

8

Huit jours avant les Rogations ! (I)

on n’est jamais plus de huit à table, répondit Swann (I)

se rappelant le chiffre de huit convives : « Sont-ce des déjeuners intimes ? » demanda-t-il vivement avec un zèle de linguiste plus encore qu’une curiosité de badaud. (I)

ce n’est pas vous qui garderez le lit huit jours ! (I)

Sur dix jeunes gens, huit sont de petites fripouilles (III)

 

 

que j’y aille demain, après-demain, dans huit jours, dans quinze jours, cela fera toujours l’affaire. (IV)

 

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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