Une voix pour Proust, PPDA

Une voix pour Proust, PPDA

 

Cela se voit : Patrick Poivre d’Arvor aime les livres. À la télévision, il a toujours montré un air gourmand quand il parlait littérature.

Cela s’entend : le même aime Proust. Avant d’occuper le petit écran, PPDA a fréquenté les grandes ondes. Avant même de sortir du Centre de Formation des Journalistes — où est née notre amitié —, il a fait de la radio. Et c’est à cette part de sa vie que j’ai pensé en regardant le documentaire de la série « Une maison, un écrivain », une idée à lui, réalisé en 2011 par Thierry Thomas et intitulé « Illiers-Combray, de chambre en chambre ».

Patrick lui prête sa voix — et avec quel talent, tout en retenue, mais chargé d’attachement à une œuvre et de tendresse pour son auteur. On ne le voit jamais, mais il enrichit les images.

Côté images, un plan particulier est une trouvaille. Pour illustrer l’activité de la rue que tante Léonie voit de sa fenêtre, le film propose de presque silhouettes d’aujourd’hui, à moitié effacées par un malin procédé technique.

Tel un fantôme du passé...

Tel un fantôme du passé…

 

Robin Renucci dit des extraits de la Recherche, des témoignages sont exhumés — de Céleste Albaret racontant comment Proust lui a confié un jour, triomphant : « J’ai mis le mot fin, je peux mourir maintenant », à Jean Cocteau se souvenant savoureusement que son ami Marcel lui lisait ce qu’il venait d’écrire, « se barbouillant le visage de son rire ».

 

Un passage m’a rendu perplexe. Il concerne les deux portes à chaque bout du couloir du rez-de-chaussée.

 

La rue

La rue

 

 

 

 

 

 

Le jardin

Le jardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est affirmé que la porte de la rue ouvre sur le côté de chez Swann quand celle du jardin mène vers le coté de Guermantes. J’étais convaincu du contraire. Patrick Vs. Patrice ? Pas si simple, ne serait-ce que tout est dans la direction que l’on prend en sortant, à gauche ou à droite.

 

En réalité, cette question ravive une idée qui me taraude depuis longtemps. Les maîtres de la maison — la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray et le Conseil général d’Eure-et-Loir qui vient de la rejoindre ­— doivent investir dans une élégante et discrète pancarte à apposer au milieu du couloir, avec deux flèches opposées. Ma tant aimée Sampac doit bien savoir, elle, où se situent ces satanés côtés !

 

Pendant qu’à Paris Patrick Poivre d’Arvor me faisait parvenir ce DVD, à Tours, Yann Dissez, le Monsieur Livres de Ciclic, l’établissement culturel de la Région, en postait un autre, consacré aux maisons d’écrivains et lieux d’auteurs du Centre — de Balzac  à Saché à Rabelais à La Devinière en passant par Ronsard au prieuré Saint-Cosme — sans oublier Descartes, Alain-Fournier, Sand et… Proust. Ça s’appelle « Écrivains au Centre ». Au Centre, des écrivains, il y en a de tous les côtés !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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