Fiche — Fillette à la voix brève amie de Gilberte, une

Fillette à la voix brève amie de Gilberte, une [I]

Mineure française

 

Personnage fictif.

 

 

Elle a une voix brève. Aux Champs- Élysées, elle remet son manteau après avoir joué au volant. Elle dit au revoir à une fillette rousse qui pratique la même distraction devant le bassin. Elle l’appelle par son prénom — Gilberte — lui dit qu’elle rentre et lui rappelle qu’elle vient la voir le soir même après le dîner.

Un autre jour, de sa même voix, elle repousse le Héros venue jouer avec elle aux barres. Elle lui explique qu’elle se rend bien compte qu’il préfère le camp de Gilberte, qui, d’ailleurs, l’appelle.

Une autre fois, devant les chevaux de bois, elle se jette sur le Héros sûr que Gilberte ne viendra plus. De sa voix brève, elle dit à l’adolescent de se dépêcher car son amie est déjà là depuis un quart d’heure et qu’on l’attend pour jouer aux barres avant qu’elle ne reparte.

 

*je foulais la grande pelouse chétive et rase, jaunie par le soleil, au bout de laquelle le bassin est dominé par une statue quand, de l’allée, s’adressant à une fillette à cheveux roux qui jouait au volant devant la vasque, une autre, en train de mettre son manteau et de serrer sa raquette, lui cria, d’une voix brève : «Adieu, Gilberte, je rentre, n’oublie pas que nous venons ce soir chez toi après dîner.» Ce nom de Gilberte passa près de moi, évoquant d’autant plus l’existence de celle qu’il désignait qu’il ne la nommait pas seulement comme un absent dont on parle, mais l’interpellait; (I, 280)

*Nous commençâmes à jouer et comme ce jour si tristement commencé devait finir dans la joie, comme je m’approchais, avant de jouer aux barres, de l’amie à la voix brève que j’avais entendue le premier jour crier le nom de Gilberte, elle me dit : «Non, non, on sait bien que vous aimez mieux être dans le camp de Gilberte, d’ailleurs vous voyez elle vous fait signe.» Elle m’appelait en effet pour que je vinsse sur la pelouse de neige, dans son camp, dont le soleil en lui donnant les reflets roses, l’usure métallique des brocarts anciens, faisait un camp du drap d’or. (I, 283-284)

*J’emmenais Françoise au-devant de Gilberte jusqu’à l’Arc-de-Triomphe, nous ne la rencontrions pas, et je revenais vers la pelouse persuadé qu’elle ne viendrait plus, quand, devant les chevaux de bois, la fillette à la voix brève se jetait sur moi : «Vite, vite, il y a déjà un quart d’heure que Gilberte est arrivée. Elle va repartir bientôt. On vous attend pour faire une partie de barres.» Pendant que je montais l’avenue des Champs-Élysées, Gilberte était venue par la rue Boissy-d’Anglas, Mademoiselle ayant profité du beau temps pour faire des courses pour elle; et M. Swann allait venir chercher sa fille. Aussi c’était ma faute; (I, 288)

 

 


CATEGORIES : Personnage fictif/ AUTHOR : patricelouis

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