Proust, préfacier méconnu

 

Proust, préfacier méconnu

 

Méconnu, pas inconnu…

 

Mon éclaireur dans le monde de l’art m’est de plus en plus précieux.

Olivier de Rincquesen — c’est de lui qu’il s’agit — me signale la vente prochaine, à Saint-Valéry-en-Caux, d’un livre de la comtesse Clément de Mauny. Le commissaire-priseur est Bruno Roquigny.

Son titre, « Au Royaume du Bistouri », ne m’inspire rien de bouleversant, d’autant qu’il s’agit de dessins humoristiques. Sacrée Rita — c’est le prénom de l’auteure.

Seulement voilà, la couverture donne une précision qui ne peut laisser indifférent

Au Royaume du Bistouri

 

Oui, vous avez bien lu, écrit en petit caractères : « Préface de Marcel Proust ».

Le catalogue détaille : « Éditions Henn, Genève, (1919). In-4°, broché. Couvertures illustrées en couleurs. Exemplaire numéroté. Le Comte de Mauny, ami très proche de Proust qu’il recevait souvent dans son château familial sur les rives du Lac Léman, inspira à Proust le personnage de Saint Loup dans La Recherche. Son épouse Rita de Mauny servit comme infirmière pendant la Grande Guerre : son expérience lui fournit matière à ce livre de caricatures, dont Proust écrivit la Préface. »

C’est un des dix mille livres d’une collection privée proposée mardi 27.

 

J’avoue que j’ignorais cette contribution, mais « fou de Proust » ne signifie pas « proustologue ». Je ne sais pas tout et m’en réjouis d’ailleurs, car cela prouve qu’il y a encore et toujours des joies nouvelles à retirer de la fréquentation du cher Marcel.

 

En fait, c’est bien relevé dans la biographie de George D. Painter, mais le passage n’avait que modérément retenu mon attention : « Dans les moments de loisirs que lui laissait son travail d’infirmière de guerre, la femme de Clément de Maugny [avec un g] avait préparé un recueil de dessins humoristiques, Au royaume du bistouri, pour lequel Proust avait en vain cherché à trouver un éditeur en novembre 1917 et en janvier 1919. Il avait particulièrement apprécié la légende : « Réveillez-vous, mon ami, c’est l’heure de prendre la potion pour dormir » ; et maintenant, devant la demande pressante des Maugny, qui avaient trouvé un éditeur à Genève, il écrivit un charmant avant-propos évoquant ses séjours au bord du lac, avec Clément, au cours du lointain été de 1899, et décrivant le petit train de Genève à Évian, en se servant des mêmes mots que pour le petit train de Balbec.

 

Merci Olivier…

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

Estimation : 80/120 €.

 

Expositions publiques Hôtel des ventes – 6 rue Caraques 76460 Saint Valéry en Caux : 
Lundi 26 mai, de 10h à 12h et de 14h à 18h & Mardi 27 mai, de 9h à 12h.

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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