Mon bœuf en gelée

Mon bœuf en gelée

 

Être là où l’on n’est pas attendu…

La Journée des Aubépines est une occasion rare de se frotter au Gotha proustien.

Le blogueur espérait et redoutait les commentaires, mais l’événement passé, sa fierté ne naît pas des compliments auxquels il a eu droit.

Recevant le soir quelques proustiens du gratin, il leur a servi un bœuf aux carottes en gelée de sa composition. Examen de passage réussi ?

 

Il réincarnait Françoise appelée à se surpasser pour le repas offert par les parents du Héros à M. de Norpois, ainsi que le raconte À l’ombre des jeunes filles en fleurs.

 

*Et depuis la veille, Françoise, heureuse de s’adonner à cet art de la cuisine pour lequel elle avait certainement un don, stimulée, d’ailleurs, par l’annonce d’un convive nouveau, et sachant qu’elle aurait à composer, selon des méthodes sues d’elle seule, du bœuf à la gelée, vivait dans l’effervescence de la création ;

 

*Le bœuf froid aux carottes fit son apparition, couché par le Michel-Ange de notre cuisine sur d’énormes cristaux de gelée pareils à des blocs de quartz transparent.

— Voilà ce qu’on ne peut obtenir au cabaret, je dis dans les meilleurs : une daube de bœuf où la gelée ne sente pas la colle, et où le bœuf ait pris parfum des carottes, c’est admirable ! Permettez-moi d’y revenir, ajouta-t-il en faisant signe qu’il voulait encore de la gelée.

 

*« L’Ambassadeur, lui dit ma mère, assure que nulle part on ne mange de bœuf froid et de soufflés comme les vôtres. » Françoise avec un air de modestie et de rendre hommage à la vérité, l’accorda, sans être, d’ailleurs, impressionnée par le titre d’ambassadeur ; elle disait de M. de Norpois, avec l’amabilité due à quelqu’un qui l’avait prise pour un « chef » : « C’est un bon vieux comme moi. »

 

*« Ils font cuire trop à la va-vite, répondit-elle en parlant des grands restaurateurs, et puis pas tout ensemble. Il faut que le bœuf, il devienne comme une éponge, alors il boit tout le jus jusqu’au fond. Pourtant il y avait un de ces Cafés [le Café Anglais] où il me semble qu’on savait bien un peu faire la cuisine. Je ne dis pas que c’était tout à fait ma gelée, mais c’était fait bien doucement et les soufflés ils avaient bien de la crème. »

 

Mon propre bœuf en gelée, le voici.

Bœuf en gelée

 

Au risque de paraître vaniteux, le blogueur a cru comprendre que son coup d’essai culinaire n’était pas raté.

Le blogueur examinera toute proposition de Proustiens de venir préparer à domicile un bœuf aux carottes en gelée.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

3 comments to “Mon bœuf en gelée”

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  1. Ah mon coeur saigne autant qu’il s’émeut devant ces photos ! On en mangerait. Mais je suis sûre aussi que vous vous régalez de propos Proustiens (et avec Alexandra le partage est certain)sans lesquels la chair est triste hélas et… Pour l’anecdote j’ajouterai qu’en ce qui me (nous) concerne je viens de concocter avant de vous lire cher Patrice, un roti de porc aux pruneaux lardons mijoté dans ma cocotte en fonte avec bouillon de légumes…. Si nous sommes dans le « mijotage » nous sommes loin de notre Héros. Bonne journée à vous

  2. je serais très heureux de connaître la recette du bœuf en gelée afin de la tester moi-même avant de la mettre sur mon site dans la rubrique dévolue à la fidèle Françoise.
    Merci d’avance

    • patricelouis says: -#2

      Je pourrais faire le malin, mais par respect pour notre chère Françoise, je ne suis pas le Michel-Ange créatif de ma cuisine. Ma recette, je l’ai prise sur internet. J’en profite pour saluer le très riche travail que votre site offre.

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