Les menus de Combray

Les menus de Combray

 

On mange bien à Combray.

Les plaisirs du palais participent au goût de paradis dont le Héros se souvient.

Voyons les aliments que l’on y consomme, tels que cités dans À la Recherche du Temps perdu.

Entrées : œufs, omelette,

Légumes : asperges, pommes de terre, épinards, endives, petits pois,

Viande : bœuf à la casserole, côtelettes, dinde, cardons à la moelle, gigot rôti, bifteck, veau,

Poissons : langouste, barbue,

Fruits : pêches, framboises, abricots, groseilles, cerises,

Desserts : glace « granité », glace au café et à la pistache, bonbons, pâtisseries, confitures, biscuits, fromage à la crème (notamment rose), gâteau aux amandes, brioche, crème au chocolat,

Fines herbes : estragon,

Boissons : Asti, sirop.

Vous pouvez faire confiance à Françoise pour que tous ces ingrédients soient préparés au mieux.

 

Et à Illiers-Combray, mange-t-on bien ?

Sans être pantagruélique, l’offre en restauration n’est pas négligeable.

Sans conteste, la plus agréable table est l’hôtel-restaurant « Les Aubépines »sur la place de la gare.

La pizzéria « La Toscane » est sympathique, à l’entrée de la place de l’Église.

Vous trouverez aussi « Le Saint-Hilaire », en face de l’entrée de la Maison de tante Léonie.

Enfin — o tempora, o mores — ce sont deux « kébabs » qui officient place de l’Église.

 

Chaque table reste dans son domaine d’un grand classicisme.

À quand des plats renvoyant à des personnages proustiens ? Voici quelques pistes : les asperges à la Giotto ; le kébab de l’ambassadrice ottomane (telle que croisée dans Sodome et Gomorrhe) ; la pizza rapportée d’Italie par Swann ; le bœuf froid aux carottes sur son lit de cristaux de gelée ; le bœuf mode Norpois ; les cardons à la moelle façon Combray.

Exemple de ce qui s’afficherait joliment sur une carte à l’ambitieuse simplicité : « Le menu du Michel-Ange de notre cuisine : endives précoces ; omelette de faveur ; immérité bifteck ; fromage à la crème rose. »

Si d’aventures des chefs plus sophistiqués étaient tentés par les gastronomes islériens (pouah, le vilain mot !) et euréliens (pas mieux !), ils pourraient se lancer dans la salade Francillon (À l’ombre des jeunes filles en fleurs), le pudding à la Nesselrode (id.) ou la salade d’ananas aux truffes (id., cf. la chronique Pour des papilles proustiennes).

Bon appétit…

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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