Fiche — Comtesse de Farcy (US, Paris) (à compléter)

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Farcy, la comtesse de [VII]

Aristocrate étrangère

 

Personnage fictif.

 

Américaine.

Amie de Bloch.

 

 

À la matinée chez la princesse de Guermantes II, elle explique à une amie de Bloch les liens entre Mme de Saint-Loup et la haute société présente ce jour-là. Sans bien comprendre les subtilités mondaines, elle croit que les Forcheville, de lointains parents de son mari, sont supérieurs à Saint-Loup, telle une élève de l’École Berlitz qui répète sans assimiler.

Un participant âgé lui dit que Swann et le Héros se sont connus chez la duchesse de Guermantes, ignorant les rencontres de Combray.

Xxx

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Elle fait demander par Bloch qui est telle jeune duchesse et le Héros répond qu’il s’agit de la nièce de M. de Bréauté.

 

 

*Le nom de la jeune femme à laquelle Bloch m’avait présenté m’était entièrement inconnu et celui des différents Guermantes ne devait pas lui être très familier, car elle demanda à une Américaine, à quel titre Mme de Saint-Loup avait l’air si intime avec toute la plus brillante société qui se trouvait là. Or, cette Américaine était mariée au comte de Farcy, parent obscur des Forcheville et pour lequel ils représentaient ce qu’il y a de plus brillant au monde. Aussi répondit-elle tout naturellement : «Quand ce ne serait que parce qu’elle est née Forcheville. C’est ce qu’il y a de plus grand.» Encore Mme de Farcy, tout en croyant naïvement le nom de Forcheville supérieur à celui de Saint-Loup, savait-elle du moins ce qu’était ce dernier. Mais la charmante amie de Bloch et de la duchesse de Guermantes l’ignorait absolument, et étant assez étourdie, répondit de bonne foi à une jeune fille qui lui demandait comment Mme de Saint-Loup était parente du maître de la maison, le prince de Guermantes : «Par les Forcheville», renseignement que la jeune fille communiqua comme si elle l’avait possédé de tout temps, à une de ses amies, laquelle ayant mauvais caractère et étant nerveuse, devint rouge comme un coq la première fois qu’un monsieur lui dit que ce n’était pas par les Forcheville que Gilberte tenait aux Guermantes, de sorte que le monsieur crut qu’il s’était trompé, adopta l’erreur et ne tarda pas à la propager. Les dîners, les fêtes mondaines, étaient pour l’Américaine une sorte d’École Berlitz. Elle entendait les noms et les répétait sans avoir connu préalablement leur valeur, leur portée exacte. (VII, 192-193)

*Enfin un vieux de la vieille ayant évoqué Swann ami des Sagan et des Mouchy, et l’Américaine amie de Bloch, ayant demandé comment je l’avais connu, déclara que je l’avais connu chez Mme de Guermantes, ne se doutant pas du voisin de campagne, jeune ami de mon grand-père qu’il représentait pour moi. (VII, 193)

*L’amie de Bloch et de la duchesse de Guermantes n’était pas seulement élégante et charmante, elle était intelligente aussi, et la conversation avec elle était agréable mais m’était rendue difficile parce que ce n’était pas seulement le nom de mon interlocutrice qui était nouveau pour moi mais celui d’un grand nombre de personnes dont elle me parla et qui formaient actuellement le fond de la société. Il est vrai que, d’autre part, comme elle voulait m’entendre raconter des histoires, beaucoup de ceux que je lui citai ne lui dirent absolument rien, ils étaient tous tombés dans l’oubli, du moins ceux qui n’avaient brillé que de l’éclat individuel d’une personne et n’étaient pas le nom générique et permanent de quelque célèbre famille aristocratique (dont la jeune femme savait rarement le titre exact, supposant des naissances inexactes sur un nom qu’elle avait entendu de travers la veille dans un dîner), et elle ne les avait pour la plupart jamais entendu prononcer n’ayant commencé à aller dans le monde (non seulement parce qu’elle était encore jeune, mais parce qu’elle habitait depuis peu la France et n’avait pas été reçue tout de suite) que quelques années après que je m’en étais moi-même retiré. De sorte que si nous avions en commun un même vocabulaire de mots pour les noms, celui de chacun de nous était différent. Je ne sais comment le nom de Mme Leroi tomba de mes lèvres, et par hasard, mon interlocutrice, grâce à quelque vieil ami, galant auprès d’elle, de Mme de Guermantes, en avait entendu parler. Mais inexactement comme je le vis au ton dédaigneux dont cette jeune femme snob me répondit : «Si je sais qui est Mme Leroi, une vieille amie de Bergotte» d’un ton qui voulait dire «une personne que je n’aurais jamais voulu faire venir chez moi.» (VII, 194)

*cette ignorance des situations réelles qui tous les dix ans fait surgir les élus dans leur apparence actuelle et comme si le passé n’existait pas, qui empêche pour une Américaine fraîchement débarquée, de voir que M. de Charlus avait eu la plus grande situation de Paris à une époque où Bloch n’en avait aucune, et que Swann qui faisait tant de frais pour M. Bontemps avait été traité avec la plus grande amitié par le prince de Galles, cette ignorance n’existe pas seulement chez les nouveaux venus, mais chez ceux qui ont fréquenté toujours des sociétés voisines, et cette ignorance chez ces derniers comme chez les autres est aussi un effet (mais cette fois s’exerçant sur l’individu et non sur la courbe sociale) du Temps. (VII, 195)

*Bloch s’étant approché de nous et ayant demandé de la part de son Américaine qui était une jeune duchesse qui était là, je répondis que c’était la nièce de M. de Bréauté, nom sur lequel Bloch à qui il ne disait rien demanda des explications. (VII, 224)

 

 


CATEGORIES : Aristocrate, Etranger, Personnage fictif/ AUTHOR : patricelouis

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