Mots d’Oriane (17)

Un mot d’Oriane. Reconsidéré.

[Sur Mme de Villeparisis :] Ma pauvre tante ! Elle gardera la réputation d’une personne de l’ancien régime, d’un esprit éblouissant et d’un dévergondage effréné ; il n’y a pas d’intelligence plus bourgeoise, plus sérieuse, plus terne ; elle passera pour une protectrice des arts, ce qui veut dire qu’elle a été la maîtresse d’un grand peintre, mais il n’a jamais pu lui faire comprendre ce que c’était qu’un tableau ; et quant à sa vie, bien loin d’être une personne dépravée, elle était tellement faite pour le mariage, elle était tellement née conjugale, que n’ayant pu conserver un époux, qui était du reste une canaille, elle n’a jamais eu une liaison qu’elle n’ait pris aussi au sérieux que si c’était une union légitime, avec les mêmes susceptibilités, les mêmes colères, la même fidélité. Remarquez que ce sont quelquefois les plus sincères, il y a en somme plus d’amants que de maris inconsolables. (III)

À demain…

 


CATEGORIES : Divertissement/ AUTHOR : patricelouis

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