Enfant entraîné par Charlus aveugle dans sa chambre, un

Enfant entraîné par Charlus aveugle dans sa chambre, un  [VII]

Mineur français

 

Personnage fictif.

 

 

Il tombe dans les filets de Charlus, ainsi que Jupien le raconte au Héros rencontré aux Champs-Élysées. Le baron est en à l’hôtel dans une ville de cure où il soigne sa vue perdue. Son garde-malade, Jupien en personne, est sorti faire une course, envoyé sans doute pour laisser l’homosexuel toujours à l’affût de proies. A son retour, il entend dans la chambre. Charlus qui a déjà assouvi ses besoins s’étonne que ce qui vient de se passer le soit pour « la première fois ». Le garçon qu’il avait entraîné n’avait pas encore dix ans et avait trompé le pervers par une voix plus forte que celle de son âge.

 

 

*[Jupien au Héros :] le baron va bien maintenant, mais je n’ose pas le laisser longtemps seul, il est toujours le même, il a trop bon cœur, il donnerait tout ce qu’il a aux autres, et puis ce n’est pas tout, il est resté coureur comme un jeune homme et je suis obligé d’ouvrir les yeux. – D’autant plus qu’il a retrouvé les siens, répondis-je; on m’avait beaucoup attristé en me disant qu’il avait perdu la vue. – Sa paralysie s’était en effet portée là, il ne voyait absolument plus. Pensez que pendant la cure qui lui a fait du reste tant de bien, il est resté plusieurs mois sans voir plus qu’un aveugle de naissance. – Cela devait au moins rendre inutile toute une partie de votre surveillance ? – Pas le moins du monde, à peine arrivé dans un hôtel, il me demandait comment était telle personne de service. Je l’assurais qu’il n’y avait que des horreurs. Mais il sentait bien que cela ne pouvait pas être universel, que je devais quelquefois mentir. Voyez-vous ce petit polisson. Et puis il avait une espèce de flair, d’après la voix peut-être, je ne sais pas. Alors il s’arrangeait pour m’envoyer faire d’urgence des courses. Un jour, – vous m’excuserez de vous dire cela, mais vous êtes venu une fois par hasard dans le Temple de l’Impudeur, je n’ai rien à vous cacher (d’ailleurs, il avait toujours une satisfaction assez peu sympathique à faire étalage des secrets qu’il détenait) – je rentrais d’une de ces courses soi-disant pressées, d’autant plus vite que je me figurais bien qu’elle avait été arrangée à dessein, quand au moment où j’approchais de la chambre du baron, j’entendis une voix qui disait : «Quoi ? – Comment, répondit le baron, c’était donc la première fois». J’entrai sans frapper, et quelle ne fut pas ma frayeur. Le baron, trompé par la voix qui était en effet plus forte qu’elle n’est d’habitude à cet âge-là (et à cette époque-là le baron était complètement aveugle) était, lui qui aimait plutôt autrefois les personnes mûres, avec un enfant qui n’avait pas dix ans». (VII, 122-123)

 

 


CATEGORIES : Mineur, Personnage fictif/ AUTHOR : patricelouis

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