Dans la famille Proust, je demande…

Dans la famille Proust, je demande…

 

Le « gratin » était convié. Le « gratin » est venu.

Il y avait cérémonie hier après-midi à l’EHPAD Les Genêts d’Illiers- Combray. EHPAD ? En clair, maison de retraite — et quand je dis en clair, sans mentir, elle paraît bien accueillante, la lumière arrivant de partout et le personnel visiblement éclairé.

Au programme, l’inauguration de plaques commémoratives du hall d’accueil et du salon. Désormais, le premier s’appelle Adrien Proust et le second Adrien Monier. Tous deux médecins, ils méritaient d’être ainsi honorés.

Il y avait là une députée, un sénateur, le conseiller général (son président s’était fait excuser), le maire sortant (à l’origine de l’idée, et qui, ne se représentant pas assurait là sa dernière présence officielle), un adjoint de qualité qui pourrait bien être le futur édile (réponse après-demain) et quelques notables choisis. Si le préfet et le représentant de la gendarmerie étaient absents, c’était pour cause de devoir de réserve dû aux élections.

Les plaques ont été dévoilées. Délicate attention : les tissus qui les cachaient étaient, a confirmé la directrice, des couches d’enfant d’antan, du temps où l’établissement était une maternité.

068 1Plaque Adrien Proust

068 2 Plaque Adrien Monier

(Au passage, signalons que cet Adrien-là a inspiré Proust pour le personnage du docteur Percepied.)

Manifestement, il y avait un certain plaisir à honorer un Proust qui n’était pas Marcel. Pour les Islériens « canal historique », le grand homme du lieu est et restera le Professeur, membre de l’Académie de Médecine et né ici. Grand médecin au demeurant, il a déjà une autre plaque l’honorant sur sa maison natale. [Chronique « Traces de Proust à Illiers-Combray », 19 janvier]

Ce n’est pas le cas pour Marcel, Parisien tout à la fois trop original et encombrant. Pas de statue non plus. Nul besoin d’être un Islérien « canal proustique » pour remarquer que la Maison qui l’inscrit localement dans l’éternité est connue comme « de tante Léonie ».

Et pour faire bonne mesure, hier, la réception « gratinée » a été l’occasion de dire tout le bien qu’on pensait d’un autre Proust, Robert, le frère, celui que l’écrivain, mauvais fils, a exclu de son œuvre. On a rappelé que, médecin lui aussi, le cadet des Proust a été héroïque et courageux pendant la Grande Guerre, tenant à aller avec ses « auto-chir » — ambulances chirurgicales automobiles — au plus près du front pour récupérer les blessés à soigner.

L’auto-chir : modèle réduit de la voiture radiologique de 1914-1918, type Massiot-Philips (Coll. Musée du Val de Grâce)

L’auto-chir : modèle réduit de la voiture radiologique de 1914-1918, type Massiot-Philips (Coll. Musée du Val de Grâce)

Les discours ont été suivis d’une collation avec du vin pétillant et des pâtisseries. Gageons que les résidents ont apprécié cette animation mémorielle.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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