Un déjeuner de fous

Un déjeuner de fous

 

Visite dominicale chez la créatrice du blogue proustpour tous. Elle avait invité, pour un premier repas quelques « fous », « dingues », « cinglés » de Proust (qu’importe le mot), dont moi-même. Le déjeuner fut échevelé.

Laurence Grenier (tel est le nom de l’hôtesse) est connue pour avoir publié la Recherche en 500 pages au lieu de 3 000 et Les Sept leçons de Marcel Proust (Editions de la spirale). Elle dit régulièrement du Proust sous un arbre scéen. Enfin, elle est l’auteure d’une recette de madeleines, ma foi, fort convaincante. Je ne puis vous en offrir que l’image, prise à la fin du déjeuner.

Une madeleine de Laurence (Photo PL)

Une madeleine de Laurence (Photo PL)

Laurence Grenier, une proustienne éminemment attachante tant sa passion prosélyte est forte.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

3 comments to “Un déjeuner de fous”

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  1. Vous êtes bien indulgent pour le « échevelé », mais ce n’était que le premier déjeuner d’une série. En tirer des leçons pour l’avenir: 1ère leçon: adapter le dialogue au nombre d’invités, et en cas de défection (ce qui fut le cas) avoir sous la main un autre scénario; 2ème leçon: rendre bien clair AVANT le repas, qu’on se retrouve autour de Proust, et non pas l’amour des belles lettres en général; 3ème leçon: structurer les interventions, au bout du compte, pour le grand jour où tout sera au point, on aura conservé que les meilleurs (s’ils acceptent de revenir). 4ème leçon: en rire. Merci.

  2. Le mot choisi n’est pas faux, mais « décoiffant » est plus pertinent. L’un et l’autre, en tous cas, signifient de bons souvenirs.

  3. j’aurais bien aimé en être (soupir). Seriez-vous d’accord avec moi, ô proustiens émérites, pour nous (nous les proustiens) décrire précisément comme, à propos de Bergotte, le Narrateur se décrit, et pour trouver que les charmes dont Proust pare l’écrivain sont aussi les siens ?

    Je vous recopie le passage auquel je pense :

    « ce fut (de là) (du cabinet du docteur du Boulbon, mais ça pourrait être l’office de tourisme d’Illier Combray, ndlr)que s’envolèrent quelques des premières graines de cette prédilection pour Bergotte, espèce si rare alors, aujourd’hui universellement répandue, et dont on trouve partout en Europe, en Amérique, jusque dans le moindre village (comme un certain Beaubec du pays de Bray, ndlr derechef), la fleur idéale et commune. Ce (qu’on) admirait surtout (…)c’était (..) ce flux mélodique, ces expressions anciennes, quelques autres très simples et connues, mais pour lesquelles la place où il les mettait en lumière semblait révéler de sa part un goût particulier ; enfin, dans les passages tristes, une certaine brusquerie, un accent presque rauque. (…) … dans les livres qui suivirent, s’il avait rencontré quelque grande vérité, ou le nom d’une célèbre cathédrale, il interrompait son récit et dans une invocation, une apostrophe, un longue prière, il donnait un libre cours à ces effluves qui dans ses premiers ouvrages restaient intérieurs à sa prose, décelés seulement alors par les ondulations de la surface, plus douces peut-être encore, plus harmonieuses quand elles étaient ainsi voilées et qu’on n’aurait pu indiquer d’une manière précise où naissait, où expirait leur murmure ».

    « on n’aurait pu indiquer d’une manière précise où naissait, où expirait leur murmure ». Ca s’applique tellement bien à la phrase proustienne, dont nul ne peut dire où elle naît et où elle expire…
    Le reste continue à l’identique, et franchement, quand le Narrateu dit (qu’en lisant Bergotte) : « il me sembla soudain que mon humble vie et les royaumes du vrai n’étaient pas aussi séparés que j’avais crus, qu’ils coïncidaient même sur certains points, et de confiance et de joie je pleurai sur les pages de l’écrivain comme dans les bras d’un père retrouvé »

    Eh bien je pourrais en dire tout autant. Il suffit d’écrire « Marcel Proust » à la place de « Bergotte », et les pages « de la Recherche », à la place des plages « de l’écrivain ».

    Tout ce passage du côté de chez Swann pourrait ainsi être appliqué à Proust lui-même, ne trouvez-vous pas ?

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