Fiche — X…, le spécialiste (Paris)

X…, le spécialiste [III]

Médecin français

 

Personnage fictif.

Oto-rhino-laryngologiste.

 

 

Sur les conseils d’un parent, il est appelé pour examiner la grand’mère du Héros qui tousse et éternue, capable qu’il est de guérir en trois jours. La vieille dame refuse de se laisser examiner. Pour qu’il ne soit pas venu pour rien, le reste de la famille se fait observer le nez, source selon lui de tous les maux — de la colique au diabète. Le spécialiste ne trouve rien, mais le lendemain, il croise dans la rue le père du Héros victime de quintes et alors que alors que tout le monde souffre d’une inflammation. Cela le fait sourire car les ignorants vont croire que c’est de sa faute, alors qu’il a réalisé sa consultation sur des gens déjà malades.

 

 

*Dans un de ces moments où, selon l’expression populaire, on ne sait plus à quel saint se vouer, comme ma grand’mère toussait et éternuait beaucoup, on suivit le conseil d’un parent qui affirmait qu’avec le spécialiste X… on était hors d’affaire en trois jours. Les gens du monde disent cela de leur médecin, et on les croit comme Françoise croyait les réclames des journaux. Le spécialiste vint avec sa trousse chargée de tous les rhumes de ses clients, comme l’outre d’Éole. Ma grand’mère refusa net de se laisser examiner. Et nous, gênés pour le praticien qui s’était dérangé inutilement, nous déférâmes au désir qu’il exprima de visiter nos nez respectifs, lesquels pourtant n’avaient rien. Il prétendait que si, et que migraine ou colique, maladie de cœur ou diabète, c’est une maladie du nez mal comprise. À chacun de nous il dit : «Voilà un petit cornet que je serais bien aise de revoir. N’attendez pas trop. Avec quelques pointes de feu je vous débarrasserai.» Certes nous pensions à toute autre chose. Pourtant nous nous demandâmes : «Mais débarrasser de quoi ?» Bref tous nos nez étaient malades; il ne se trompa qu’en mettant la chose au présent. Car dès le lendemain son examen et son pansement provisoire avaient accompli leur effet. Chacun de nous eut son catarrhe. Et comme il rencontrait dans la rue mon père secoué par des quintes, il sourit à l’idée qu’un ignorant pût croire le mal dû à son intervention. Il nous avait examinés au moment où nous étions déjà malades. (III, 226-227)

 

 


CATEGORIES : Médecin, Personnage fictif, Roturier/ière/ AUTHOR : patricelouis

Comments are closed.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et