Fiche — Médecin, le (Balbec)

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Médecin de Balbec, le [II, IV]

Médecin français

 

Personnage fictif.

 

Il a son cabinet à Balbec.

 

 

Il est appelé pour soigner le Héros pris d’un accès de fièvre, estime que l’adolescent ne doit pas trop sortir quand il fait chaud et rédige une ordonnance que la grand’mère est bien décidée à ne pas suivre.

Il ordonne au Héros de s’étendre une heure tous les soirs avant le dîner alors que la grand’mère ne l’exige que quand il sort.

Il se révèle concurrent plus redoutable qu’il n’y paraît pour le docteur Cottard qui, à Balbec, ne craint que le docteur du Boulbon.

Ce médecin local est très consciencieux. Il connaît le remède à tout, « charmant » les blessures et les plaies, selon de mot de Marie Gineste, l’une des courrières du Grand-Hôtel.

Une fois, il provoque un ennui, petit, à Cottard : il guérit l’œil enflé d’un grand-duc en villégiature à Balbec. Cinq minutes lui suffisent pour retirer un grain de poussière. Auparavant, Cottard, appelé par l’aristocrate, s’était fait payer cher, sans succès, car il cherchait la cause du mal dans un état toxique avec un régime désintoxiquant.

 

 

*Le médecin de Balbec appelé pour un accès de fièvre que j’avais eu, ayant estimé que je ne devrais pas rester toute la journée au bord de la mer, en plein soleil, par les grandes chaleurs, et rédigé à mon usage quelques ordonnances pharmaceutiques, ma grand’mère prit les ordonnances avec un respect apparent où je reconnus tout de suite sa ferme décision de n’en faire exécuter aucune, mais tint compte du conseil en matière d’hygiène et accepta l’offre de Mme de Villeparisis de nous faire faire quelques promenades en voiture. (II, 195-196)

*Je rentrai parce que je devais aller dîner à Rivebelle avec Robert et que ma grand’mère exigeait qu’avant de partir, je m’étendisse ces soirs-là pendant une heure sur mon lit, sieste que le médecin de Balbec m’ordonna bientôt d’étendre à tous les autres soirs. (II, 263)

*le médecin de Balbec ne pouvait gêner Cottard. C’était seulement un médecin très consciencieux, qui savait tout et à qui on ne pouvait parler de la moindre démangeaison sans qu’il vous indiquât aussitôt, dans une formule complexe, la pommade, lotion ou liniment qui convenait. Comme disait Marie Gineste dans son joli langage, il savait «charmer» les blessures et les plaies. Mais il n’avait pas d’illustration. Il avait bien causé un petit ennui à Cottard. Celui-ci, depuis qu’il voulait troquer sa chaire contre celle de thérapeutique, s’était fait une spécialité des intoxications. Les intoxications, périlleuse innovation de la médecine, servant à renouveler les étiquettes des pharmaciens dont tout produit est déclaré nullement toxique, au rebours des drogues similaires, et même désintoxiquant. C’est la réclame à la mode; à peine s’il survit en bas, en lettres illisibles, comme une faible trace d’une mode précédente, l’assurance que le produit a été soigneusement antiseptisé. Les intoxications servent aussi à rassurer le malade, qui apprend avec joie que sa paralysie n’est qu’un malaise toxique. Or un grand-duc étant venu passer quelques jours à Balbec et ayant un œil extrêmement enflé avait fait venir Cottard lequel, en échange de quelques billets de cent francs (le professeur ne se dérangeait pas à moins), avait imputé comme cause à l’inflammation un état toxique et prescrit un régime désintoxiquant. L’œil ne désenflant pas, le grand-duc se rabattit sur le médecin ordinaire de Balbec, lequel en cinq minutes retira un grain de poussière. Le lendemain il n’y paraissait plus. (IV, 137-138)

 

 

 

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Médecin, Personnage fictif, Roturier/ière/ AUTHOR : patricelouis

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