Fiche — Haas, Charles (Paris)

Haas, Charles

Juif français

 

Personnage réel.

(1833-1902) Âge Proust + 38 ans.

Il a un statut rare : présent dans la vraie vie et dans l’œuvre, il est désigné comme lui-même et comme inspirateur d’un personnage de fiction.

Mondain.

Fils d’Antoine Haas, riche fondé de pouvoir israélite chez Rothschild, et de Sophie Lan, fille d’un commerçant.

Amant de Sarah Bernhardt, qui lui voue une véritable passion alors que lui la traite en femme légère et la trompe sans états d’âme; après leur rupture, ils demeurent amis jusqu’à sa mort.

Amant de la marquise d’Audiffret-Pasquier, née Adélaïde Ramirez de Arellano.

Père de Luisita, née en 1881.

Mort chez lui d’une congestion cérébrale.

Charles Haas

Charles Haas

Oisif, spirituel, cheveux roux, yeux verts, il est présenté à Proust dans le salon de Geneviève Straus. Familier chez les Mouchy, à l’Élysée du maréchal de Mac-Mahon, à Sandringham, dans le smart set du prince de Galles, futur Édouard VII. Ami de la princesse Mathilde comme de l’impératrice Eugénie, il fréquente les légitimistes, les orléanistes, les républicains, les bonapartistes. Il est élu au Jockey Club en 1871 (après quatre échecs). Nommé par Mérimée à l’inspection des Monuments historiques.

Il est l’ami choyé de la princesse de Sagan, de la comtesse de Pourtalès, de la duchesse de Mouchy, de la princesse Murat, de la duchesse d’Elchingen, de la baronne de Poilly, de Meredith Howland.

 

Merveilleux d’intuition, de finesse et d’intelligence », selon Boni de Castellane, il a assez de fortune pour n’avoir pas besoin de gagner sa vie, même si le comte ajoute : « Timide parce que juif, il était le seul de sa race qui fût pauvre, ami de toutes les femmes, choyé dans les salons, prisé des hommes de valeur. Il appartenait à cette catégorie d’oisifs spirituels et inutiles qui étaient comme un luxe dans la société d’alors et dont le principal mérite consistait à potiner, avant le dîner, au « Jockey » ou chez la duchesse de la Trémoille. Si son absence d’occupation n’avait pas été un principe, son intelligence aurait justifié pour lui toutes les ambitions. »

Haas fréquente les salons littéraires, tel celui de la comtesse Robert de Fitz-James (où l’on croise Marghe Bibesco, Charles de Chambrun ou Paul Bourget) ou celui de Mme Emile Straus, les grandes ventes publiques, le foyer de la Comédie Française et les ateliers de peinture, en particulier celui de Degas, qu’il a connu chez Hortense Howland.

Il est un habitué des fêtes de Compiègne aussi bien que des « revues » du marquis de Massa.

Il est représenté dans le tableau de James Tissot, Le Cercle de la Rue Royale de 1867 (coll. du baron Hottinguer en 1922), il est sur le seuil de la porte-fenêtre, le dernier à droite.

 

Il est également un ami de Robert de Montesquiou, autre inspiration de Proust pour le baron de Charlus.

Comme Swann, il noue liens d’amitié avec le prince de Galles, participe à la vie mondaine, affiche son intérêt pour la peinture italienne, courtise les femmes.

 

Adresse : avenue de Villiers, Paris.

 

« Comment, vous avez reconnu Haas ? Moi qui n’ai fait dans mon livre aucun portrait (sauf pour quelques monocles) parce que je suis trop paresseux pour écrire s’il ne s’agit que de faire double emploi avec la réalité ! Haas est en effet la seule personne, non que j‘aie voulu peindre, mais enfin qui a été (rempli d’ailleurs par moi d’une humanité différente) au point de départ de mon Swann. » Lettre de Proust à Gabriel Astruc, décembre 1913

« Le prototype de Swann était M. Charles Haas, Haas l’ami des princes, l’israélite du Jockey. Mais ce n’était qu’un point de départ. »  Lettre de Proust à un certain Harry Swann en 1920

 

 

Il porte un chapeau haut-de-forme gris évasé spécialement créé par Delion.

Appelé Charles Swann par le Héros, il est un des personnages du tableau de Tissot, Le Cercle de la rue Royale.

 

 

*Swann était habillé avec une élégance qui, comme celle de sa femme, associait à ce qu’il était ce qu’il avait été. Serré dans une redingote gris perle, qui faisait valoir sa haute taille, svelte, ganté de gants blancs rayés de noir, il portait un tube gris d’une forme évasée que Delion ne faisait plus que pour lui, pour le prince de Sagan, pour M. de Charlus, pour le marquis de Modène, pour M. Charles Haas et pour le comte Louis de Turenne. (III, 405)

Charles Haas

Charles Haas

*Et pourtant, cher Charles Swann, que j’ai connu quand j’étais encore si jeune et vous près du tombeau, c’est parce que celui que vous deviez considérer comme un petit imbécile a fait de vous le héros d’un de ses romans, qu’on recommence à parler de vous et que peut-être vous vivrez». Si dans le tableau de Tissot représentant le balcon du Cercle de la rue Royale, où vous êtes entre Galliffet, Edmond de Polignac et Saint-Maurice, on parle tant de vous, c’est parce qu’on voit qu’il y a quelques traits de vous dans le personnage de Swann. (V, 136)

Charles Haas

Charles Haas


CATEGORIES : Juif, Mondain, Personnage réel, Roturier/ière/ AUTHOR : patricelouis

Comments are closed.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et