Fiche — Charcot, Dr Jean-Martin (Paris)

Charcot, Dr Jean-Martin [III, IV]

Médecin français

 

Personnage réel.

(1825-1893) Âge Proust + 46 ans.

 

Fils de Martin Charcot, charron.

Époux d’une veuve fortunée, Augustine-Victoire Durvis, née Laurent-Richard.

Père de Jeanne et Jean-Baptiste, chef de clinique de maladies nerveuses à la Faculté de médecine, puis explorateur ; époux de Jeanne Hugo, petite-fille de Victor Hugo, divorcée de son ami d’études Léon Daudet, divorcé, remarié à Élisabeth-Mariette Cléry.

 

Clinicien et neurologue, membre de l’Académie de médecine et de l’Académie des sciences

Il est également connu comme chef de file de l’Ecole de la Salpétrière  pour ses travaux sur l’hypnose et l’hystérie.

 

 

Avant de mourir, il prédit au docteur du Boulbon qu’il sera le roi de la neurologie et de la psychiatrie alors que l’intéressé s’est spécialisé dans les maladies nerveuses.

« Prince de la science », comme le docteur Potain, il partage désormais ce surnom avec le docteur Cottard.

M. Verdurin considère son médecin de famille comme étant de premier ordre avec lui et le docteur Bouchard.

Le docteur Cottard philosophe sur la trace qu’il ne laisse pas alors que ses travaux sont « mille fois plus remarquables » que ceux de Socrate, citant « la suppression du réflexe pupillaire comme syndrome de la paralysie générale ».

Pour marquer son mépris de Charcot, le duc de Guermantes  fait précéder son nom de « Monsieur » quand il évoque ses « expériences ».

 

 

* Bergotte avait choqué en moi l’instinct scrupuleux qui me faisait subordonner mon intelligence, quand il m’avait parlé du docteur du Boulbon comme d’un médecin qui ne m’ennuierait pas, qui trouverait des traitements, fussent-ils en apparence bizarres, mais s’adapteraient à la singularité de mon intelligence. Mais les idées se transforment en nous, elles triomphent des résistances que nous leur opposions d’abord et se nourrissent de riches réserves intellectuelles toutes prêtes, que nous ne savions pas faites pour elles. Maintenant, comme il arrive chaque fois que les propos entendus au sujet de quelqu’un que nous ne connaissons pas ont eu la vertu d’éveiller en nous l’idée d’un grand talent, d’une sorte de génie, au fond de mon esprit je faisais bénéficier le docteur du Boulbon de cette confiance sans limites que nous inspire celui qui d’un œil plus profond qu’un autre perçoit la vérité. Je savais certes qu’il était plutôt un spécialiste des maladies nerveuses, celui à qui Charcot avant de mourir avait prédit qu’il régnerait sur la neurologie et la psychiatrie. «Ah! je ne sais pas, c’est très possible», dit Françoise qui était là et qui entendait pour la première fois le nom de Charcot comme celui de du Boulbon. Mais cela ne l’empêchait nullement de dire : «C’est possible.» Ses «c’est possible», ses «peut-être», ses «je ne sais pas» étaient exaspérants en pareil cas. On avait envie de lui répondre : «Bien entendu que vous ne le saviez pas puisque vous ne connaissez rien à la chose dont il s’agit, comment pouvez-vous même dire que c’est possible ou pas, vous n’en savez rien ? En tous cas maintenant vous ne pouvez pas dire que vous ne savez pas ce que Charcot a dit à du Boulbon, etc., vous le savez puisque vous nous l’avons dit, et vos «peut-être», vos «c’est possible» ne sont pas de mise puisque c’est certain.» (III, 209-210)

Dr Charcot

Dr Charcot

*[Docteur Cottard :] Mme Verdurin, elle reçoit, ce qui vaut mieux, les d’Sherbatoff, les d’Forcheville, et tutti quanti, des gens de la plus haute volée, toute la noblesse de France et de Navarre, à qui vous me verriez parler de pair à compagnon. D’ailleurs, ce genre d’individus recherche volontiers les princes de la science», ajoutait-il avec un sourire d’amour-propre béat, amené à ses lèvres par la satisfaction orgueilleuse, non pas tellement que l’expression jadis réservée aux Potain, aux Charcot, s’appliquât maintenant à lui, mais qu’il sût enfin user comme il convenait de toutes celles que l’usage autorise et, qu’après les avoir longtemps piochées, il possédait à fond. (IV, 197)

Dr Charcot

Dr Charcot

*quand Cottard était à peine connu, si on parlait à M. Verdurin des névralgies faciales de sa femme : «Il n’y a rien à faire, disait-il, avec l’amour-propre naïf des gens qui croient que ce qu’ils connaissent est illustre et que tout le monde connaît le nom du professeur de chant de leur famille. Si elle avait un médecin de second ordre on pourrait chercher un autre traitement, mais quand ce médecin s’appelle Cottard (nom qu’il prononçait comme si c’eût été Bouchard ou Charcot), il n’y a qu’à tirer l’échelle.» (IV, 250)

Dr Charcot

Dr Charcot

*Le sage est forcément sceptique, répondit le docteur. Que sais-je ? gnôthi seauton [en caractères grecs, Connais-toi toi-même], disait Socrate. C’est très juste, l’excès en tout est un défaut. Mais je reste bleu quand je pense que cela a suffi à faire durer le nom de Socrate jusqu’à nos jours. Qu’est-ce qu’il y a dans cette philosophie ? peu de chose en somme. Quand on pense que Charcot et d’autres ont fait des travaux mille fois plus remarquables et qui s’appuient, au moins, sur quelque chose, sur la suppression du réflexe pupillaire comme syndrome de la paralysie générale, et qu’ils sont presque oubliés! (IV, 315)

Dr Charcot

Dr Charcot

*le duc de Guermantes, lequel parlait du même ton cérémonieusement méprisant des «chansons de Mademoiselle Yvette Guilbert» et des «expériences de Monsieur Charcot». (IV, 339)

 Charcot, Dr 4 339

 

 

 

 


CATEGORIES : Médecin, Personnage réel, Roturier/ière/ AUTHOR : patricelouis

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