D’Illiers à Illiers-Combray en passant par Combray

D’illiers à Illiers-Combray en passant par Combray

 

Pétante de vie, assoupie, à l’agonie ? Quel est l’état de santé d’une commune dont la place de l’Église est située à cent vingt kilomètres de Notre-Dame de Paris et à vingt-six à l’ouest de la cathédrale de Chartres, à la frontière de la Beauce et du Perche ?

 

Je parle évidemment d’Illiers-Combray, rendue célèbre par le fils du grand homme de la localité, Marcel Proust, dont le père, Adrien, prospère professeur de médecine était né natif (il en est un autre, plus ancien, Florent d’Illiers, compagnon de Jeanne d’Arc).

 

La question se pose semblablement pour des milliers de communes (la France en compte trente-six mille six cent quatre-vingt-trois). La réponse est naturellement mitigée. Illiers-Combray vit et somnole, mais ne meurt pas.

 

Qui participe à la vie locale, qui peut se prévaloir de la faire exister, de quoi disposent ses trois mille quatre cent quatre habitants (chiffre de 2011) ?

 

Qu’en est-il d’abord du Combray de notre auteur ici célébré ? Dans la Recherche, il y a un armurier (sans nom), un médecin (le Dr Percepied), un crémier (sans nom), deux épiciers (MM. Borange et Camus), un marchand de fruits (sans nom), une marchande de légumes (Mme Callot), une marchande de poisson (sans nom), un pâtissier (M. Galopin), un pharmacien (M. Rapin) un hôtel-restaurant (l’hôtellerie de l’Oiseau Flesché), une église (Saint-Hilaire), un château, une gare. Toutes les classes sociales y sont représentées — des travailleurs aux aristocrates, les Guermantes en tête.

 

Les illustrations d’Illiers au tournant du XXe siècle nous montrent aussi deux hôtels (de la Gare et de l’Image), des boutiques agrippées au flanc de l’église, des abattoirs, une bourrellerie, un bureau des postes, un cours des halles, une gendarmerie, un tailleur…

 

Aujourd’hui, avant toute chose, il faut saluer les associations. Quiconque ignore leur existence dans une commune ne peut rien y comprendre. Tel était le blogueur avant de s’installer. Sans sous-estimer les autres acteurs, la vitalité, c’est d’abord elles. La mairie en recense plus de soixante(au 4 septembre 2013).

 

Une trentaine se consacrent aux sports : football, hand-ball, badmington, tennis, rugby, baby-foot, billard, ping-pong, pétanque, boule lyonnaise, cyclotourisme, natation, aquagym, pêche, tir à l’arc, judo, taï chi chuan/chi gong/yoga, danse, gymnastique, sophrologie, aéromodélisme, moto, équitation. Ils bénéficient de deux complexes sportifs, d’un stade, de courts de tennis, d’un boulodrome, d’un dojo et de salles diverses.

 

Une dizaine sont axées sur la culture : harmonie municipale, école de musique, chorale, théâtre, langues, tourisme, littérature, couture, peinture, informatique, voyages, spectacles et animations. Ajoutons une salle des fêtes, une médiathèque et un cinéma ambulant (une fois par mois).

 

Les autres sont classées « autres » : foyer de jeunes, jeux de cartes, aide aux personnes, parents d’élèves, lutte contre le sida, anciens combattants, agriculteurs — jusques et y compris « The Rock’in Gang », consacrée aux voitures américaines des années 50 (toutefois domiciliée à Châteauneuf-en-Thimerais).

 

Ces associations sont vitales sans être immédiatement visibles.

 

Les commerçant, eux, le sont naturellement. Illiers-Combray compte quatre boulangeries-pâtisseries (dont une détient le monopole de la madeleine), quatre salons de coiffure, deux bistrots et demi (un n’est ouvert que certains soirs, les deux autres proposant le loto ou le PMU), un papèterie-librairie-presse-tabac (deux autres établissements proposent aussi du tabac) une boucherie, une charcuterie, un libre-service, une mercerie, un magasin de prêt-à-porter, un de chaussures, un d’optique, un de fleurs, un de lingerie fine (voire coquine), une animalerie, une brocante, tout récemment ouverte. Et, hors bourg, un supermarché, un magasin de bricolage, une station-service et une de lavage.

Côté restauration-hébergement : deux hôtels (offrant quatorze chambres au total) ; cinq restaurants (un traditionnel, deux de kébabs, une pizzéria, une brasserie).

Côté services : quatre agences bancaires, trois cabinets d’assurance, deux agences immobilières, une agence de voyages.

Mais encore, deux électriciens, deux chauffagistes, un menuisier, un magasin de machines agricoles et un de matériaux de construction.

Côté santé : un dispensaire, quatre médecins (trois cabinets) ; quatre infirmières (deux cabinets) ; deux dentistes (un cabinet) ; deux pédicures-podologues (un cabinet) ; deux masseuses (un cabinet) ; deux pharmacies ; une orthophoniste ;  une sage-femme ; deux vétérinaires (un cabinet) ; deux maisons de retraite, un centre de soins contre l’alcoolisme, un centre de rééducation fonctionnelle (ces deux derniers hors bourg).

Côté transports : quatre garages concessionnaires automobiles, deux entreprises de taxis (dont une avec des ambulances), une société de cars (notamment scolaires), une auto-école, un magasin de cycles.

Côté services publics : une mairie, un centre de secours, une gendarmerie, une police municipale (un agent), un centre des Finances publiques, une Poste (avec une douzaine de facteurs, une dizaine de fourgonnettes et deux vélos) ; une déchetterie, un camion-benne pour le ramassage des poubelles (tri sélectif) deux fois par semaine.

Côté enseignement, une école maternelle, trois écoles primaires (deux publiques, une privée), un collège.

Une zone industrielle accueille une entreprise de cartonnage, une d’emballages plastiques, une de constructions métalliques…

 

Cette énumération ne doit pas cacher les difficultés. Illustrons-les par quelques photos. Elles y montrent des commerces disparus — pas forcément récemment.

Les quatre premières ont été prises place de l’Église, cœur battant de la commune.

Maison de presse (Photo PL)

Maison de presse (Photo PL)

Oxygène

Oxygène (Photo PL)

Partenaire Immobilier (Photo PL)

Partenaire Immobilier (Photo PL)

Restaurant, Le Sultan (Photo PL)

Restaurant, Le Sultan (Photo PL)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les autres ont été saisies au fil des rues.

Bar, Aux Années 60 (Photo PL)

Bar, Aux Années 60 (Photo PL)

Bains-Douches (Photo PL)

Bains-Douches (Photo PL) 

Boulangerie Pâtisserie (Photo PL)

Boulangerie Pâtisserie (Photo P

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bricolage (Photo PL)

Bricolage (Photo PL)

Chauffage Articles de ménage (Photo PL)

Chauffage Articles de ménage (Photo PL)

Epicerie (Photo PL)

Epicerie (Photo PL) 

Garage (Photo PL)

Garage (Photo PL) 

Garage (Photo PL)

Garage (Photo PL) 

Bar, Le Chat Botté (Photo PL)

Bar, Le Chat Botté (Photo PL)

 

 

 

 

 

 

Informatique (Photo PL)

Informatique (Photo PL)

Mercerie (Photo PL)

Mercerie (Photo PL)

? (Photo PL)

? (Photo PL)

 

 

 

 

 

 

Boucherie (Photo PL)

Boucherie (Photo PL)

 

Point commun entre hier et aujourd’hui : le marché se tient toujours le vendredi — on y achète, on s’y croise, on y discute…

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “D’Illiers à Illiers-Combray en passant par Combray”

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  1. Habitant la Normandie mais ayant des amis du côté de Limoges, nous préférons, quand nous allons les voir, mon Clopin de compagnon et moi-même, emprunter un itinéraire tortueux, qui a l’avantage d’être désert à toute époque de l’année, et qui traverse Illiers-Combray ; c’est même d’ailleurs en empruntant cet itinéraire que j’ai commencé à « raconter » la Recherche à Clopin… Cette année, nous avons fait le voyage en compagnie d’autres amis, qui ignorent absolument Marcel Proust et son oeuvre. J’ai commencé à m’agiter bien avant d’arriver en vue de la petite ville : et je tentais d’expliquer que j’essayais d’apercevoir les trois clochers, déclencheurs de la création littéraire du Narrateur. Du coup, me voilà de nouveau embarquée à « raconter » la Recherche, et nous nous sommes arrêtés au « restaurant classique » que vous mentionnez, pour me permettre d’aller au bout de mon propos. On y mange abominablement mal, dans une petite cour ombragée et assez mal tenue, mais c’est si peu cher, trois francs six sous, le savez-vous ? Et on y est tout près de la Tante Léonie, et de son souvenir… Je ne pourrais plus y faire halte sans penser à vous ! (et à Frédéric).

    • J’espère que la fois prochaine vous accepterez de faire halte chez nous (mon épouse Violette et moi) où la table tente de se tenir.

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