Fiche — Médecin du Héros, le (Paris)

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Médecin du Héros, le [II, V]

Médecin français

 

Personnage fictif.

 

Il a son cabinet à Paris.

 

 

Non seulement il interdit tout voyage à l’adolescent, mais il déconseille à se parents de le laisser aller au théâtre. Ils lui obéissent et le Héros doit les implorer pour assister à une représentation de Phèdre.

Il conseille de la bière et du cognac au Héros à son départ pour Balbec, pour éviter ses crises de suffocation et de se trouver dans un état qu’il qualifie d’euphorique. La grand’mère n’est pas d’accord et le Héros s’abrite derrière ses propos.

Il sert de prétexte au Héros pour refuser de sortir avec Albertine. Il lui a donné l’ordre de rester couché. C’est d’autant plus faux que ses prescriptions n’auraient pas pu empêcher le Héros d’accompagner son amie.

 

 

*Le médecin qui me soignait — celui qui m’avait défendu tout voyage — déconseilla à mes parents de me laisser aller au théâtre; j’en reviendrais malade, pour longtemps peut-être, et j’aurais en fin de compte plus de souffrance que de plaisir. Cette crainte eût pu m’arrêter, si ce que j’avais attendu d’une telle représentation eût été seulement un plaisir qu’en somme une souffrance ultérieure peut annuler, par compensation. Mais — de même qu’au voyage à Balbec, au voyage à Venise que j’avais tant désirés — ce que je demandais à cette matinée, c’était tout autre chose qu’un plaisir : des vérités appartenant à un monde plus réel que celui où je vivais, et desquelles l’acquisition une fois faite ne pourrait pas m’être enlevée par des incidents insignifiants, fussent-ils douloureux à mon corps, de mon oiseuse existence. Tout au plus, le plaisir que j’aurais pendant le spectacle, m’apparaissait-il comme la forme peut-être nécessaire de la perception de ces vérités; et c’était assez pour que je souhaitasse que les malaises prédits ne commençassent qu’une fois la représentation finie, afin qu’il ne fût pas par eux compromis et faussé. J’implorais mes parents, qui, depuis la visite du médecin, ne voulaient plus me permettre d’aller à Phèdre. (II, 9)

*Pour éviter les crises de suffocation que me donnerait le voyage, le médecin m’avait conseillé de prendre au moment du départ un peu trop de bière ou de cognac, afin d’être dans un état qu’il appelait «euphorie», où le système nerveux est momentanément moins vulnérable. J’étais encore incertain si je le ferais, mais je voulais au moins que ma grand’mère reconnût qu’au cas où je m’y déciderais, j’aurais pour moi le droit et la sagesse. Aussi j’en parlais comme si mon hésitation ne portait que sur l’endroit où je boirais de l’alcool, buffet ou wagon-bar. Mais aussitôt à l’air de blâme que prit le visage de ma grand’mère et de ne pas même vouloir s’arrêter à cette idée : «Comment, m’écriai-je, me résolvant soudain à cette action d’aller boire, dont l’exécution devenait nécessaire à prouver ma liberté puisque son annonce verbale n’avait pu passer sans protestation, comment tu sais combien je suis malade, tu sais ce que le médecin m’a dit, et voilà le conseil que tu me donnes!» (II, 158)

*Quant à la raison de ce désir de rester, cela m’eût été très désagréable de la dire à Albertine. Je lui disais que le médecin m’ordonnait de rester couché. Ce n’était pas vrai. Et cela l’eût-il été que ses prescriptions n’eussent pu m’empêcher d’accompagner mon amie. (V, 12)

 

 


CATEGORIES : Médecin, Personnage fictif, Roturier/ière/ AUTHOR : patricelouis

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