Fiche — Potain, le docteur Pierre (Paris)

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Potain, docteur Pierre [I, IV]

Médecin français

 

Personnage réel.

(1825-1901) Âge Proust + 46 ans.

 

Cardiologue.

Membre de l’Académie.

 

Mme Verdurin lui préfère le docteur Cottard, ses diagnostics et son savoir dix fois supérieur. Lui proteste pour la forme disant que Potain est un de ses maîtres, un prince de la science. Non sans ironie, il trouve légitime et que des malades souhaitent mourir de sa main, trouvant cela plus chic de bénéficier de ses soins.

Il soigne Vinteuil, craignant de ne pouvoir le sauver.

 

 

*Pour faire partie du «petit noyau», du «petit groupe», du «petit clan» des Verdurin, une condition était suffisante mais elle était nécessaire : il fallait adhérer tacitement à un Credo dont un des articles était que le jeune pianiste, protégé par Mme Verdurin cette année-là et dont elle disait : «Ça ne devrait pas être permis de savoir jouer Wagner comme ça!», «enfonçait» à la fois Planté et Rubinstein et que le docteur Cottard avait plus de diagnostic que Potain. (I, 133)

*Le peintre savait que Vinteuil était à ce moment très malade et que le docteur Potain craignait de ne pouvoir le sauver.

— Comment, s’écria Mme Verdurin, il y a encore des gens qui se font soigner par Potain!

— Ah! madame Verdurin, dit Cottard, sur un ton de marivaudage, vous oubliez que vous parlez d’un de mes confères, je devrais dire un de mes maîtres.

[…]

— Laissez-moi donc tranquille avec vos maîtres, vous en savez dix fois autant que lui, répondit Mme Verdurin au docteur Cottard, du ton d’une personne qui a le courage de ses opinions et tient bravement tête à ceux qui ne sont pas du même avis qu’elle. Vous ne tuez pas vos malades, vous, au moins!

— Mais, Madame, il est de l’Académie, répliqua le docteur d’un ton ironique. Si un malade préfère mourir de la main d’un des princes de la science… C’est beaucoup plus chic de pouvoir dire : «C’est Potain qui me soigne.»

— Ah! c’est plus chic ? dit Mme Verdurin. Alors il y a du chic dans les maladies, maintenant ? je ne savais pas ça… Ce que vous m’amusez, s’écria-t-elle tout à coup en plongeant sa figure dans ses mains. Et moi, bonne bête qui discutais sérieusement sans m’apercevoir que vous me faisiez monter à l’arbre. (I, 152)

*[Docteur Cottard :] Mme Verdurin, elle reçoit, ce qui vaut mieux, les d’Sherbatoff, les d’Forcheville, et tutti quanti, des gens de la plus haute volée, toute la noblesse de France et de Navarre, à qui vous me verriez parler de pair à compagnon. D’ailleurs, ce genre d’individus recherche volontiers les princes de la science», ajoutait-il avec un sourire d’amour-propre béat, amené à ses lèvres par la satisfaction orgueilleuse, non pas tellement que l’expression jadis réservée aux Potain, aux Charcot, s’appliquât maintenant à lui, mais qu’il sût enfin user comme il convenait de toutes celles que l’usage autorise et, qu’après les avoir longtemps piochées, il possédait à fond. (IV, 194)

 

 

Docteur Pierre Potain

Docteur Pierre Potain

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Personnage réel, Roturier/ière/ AUTHOR : patricelouis

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