Fiche — Polignac, Edmond de (Paris)

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Polignac, Edmond de [III, IV, V]

Aristocrate français

(Voir aussi  Amateur de tulipes de Delft ou de Haarlem, un)

 

Personnage réel.

(1834-1901) Âge Proust + 37 ans.

 

Prince.

 

Compositeur et mécène.

 

Fils de Jules de Polignac, président du Conseil de Charles X, et de Mary Charlotte Parkins.

Époux (1893), à 59 ans, de Winnaretta Singer, fille et héritière du fabricant de machines à coudre Isaac Merritt Singer, une mécène du monde musical. Le mariage est arrangé par Robert de Montesquiou et la comrtesse Greffulhe, entraînant le mot de Mme Blanche, mère de Jacques-Émile chez qui le prince de Polignac se rendait souvent: « Ainsi nous marierons la machine à coudre à la lyre. »

 

Lui est homosexuel, elle lesbienne.

 

Avec sa femme, il crée un salon influent, qui devient un centre de la vie culturelle ; Fauré et d’Indy y donnent des concerts ; il influence de nombreux artistes importants, Cocteau, Monet, Proust qui y entend pour la première fois la Sonate de Fauré. Deux ans après la mort du prince, Proust lui consacre une chronique mondaine, Musique d’aujourd’hui, échos d’autrefois, Le Figaro, 6 septembre 1903, signée Horatio.

 

Il est membre du Cercle de la rue Royale, créé en 1852. Il est représenté sur le tableau du même nom de James Tissot (1868), posant avec onze autres membres sur le balcon du pavillon Gabriel, dixième à partir de la gauche.

 

Relations : la comtesse de Noailles et sa sœur la princesse Alexandre de Caraman-Chimay, les La Rochefoucauld, les Luynes, les Greffulhe, Robert de Montesquiou, Charles Haas.

 

Adresse : rue Cortambert, Paris ; hôtel acheté par son épouse en 1887.

 

 

Wagnérien, il loue le château du prince de X… Le Héros le qualifie de « fantaisiste délicieux ».

À la soirée chez la princesse de Guermantes, pour impressionner la marquise de Surgis-le-Duc, dont un fils se prénomme Victurnien, Charlus dit qu’un Polignac (sans doute lui) et un Montesquiou (sans doute le comte Robert de Montesquiou-Fezensac) s’appellent de même.

Le Héros le cite comme deux autres des douze personnages du tableau Le Cercle de la rue Royale de James Tissot, encadrant Charles Swann.

 

 

*Quelquefois ce n’état pas une simple relique que je voyais. Plus instruit que sa femme de ce qu’avaient été leurs ancêtres, M. de Guermantes se trouvait posséder des souvenirs qui donnaient à sa conversation un bel air d’ancienne demeure dépourvue de chefs-d’œuvre véritables, mais pleine de tableaux authentiques, médiocres et majestueux, dont l’ensemble a grand air. Le prince d’Agrigente ayant demandé pourquoi le prince X… avait dit, en parlant du duc d’Aumale, «mon oncle», M. de Guermantes répondit : «Parce que le frère de sa mère, le duc de Wurtemberg, avait épousé une fille de Louis-Philippe.» Alors je contemplai toute une châsse, pareille à celles que peignaient Carpaccio ou Memling, depuis le premier compartiment où la princesse, aux fêtes des noces de son frère le duc d’Orléans, apparaissait habillée d’une simple robe de jardin pour témoigner de sa mauvaise humeur d’avoir vu repousser ses ambassadeurs qui étaient allés demander pour elle la main du prince de Syracuse, jusqu’au dernier où elle vient d’accoucher d’un garçon, le duc de Wurtemberg (le propre oncle du prince avec lequel je venais de dîner), dans ce château de Fantaisie, un de ces lieux aussi aristocratiques que certaines familles. Eux aussi, durant au delà d’une génération, voient se rattacher à eux plus d’une personnalité historique. Dans celui-là notamment vivent côte à côte les souvenirs de la margrave de Bayreuth, de cette autre princesse un peu fantasque (la sœur du duc d’Orléans) à qui on disait que le nom du château de son époux plaisait, du roi de Bavière, et enfin du prince X…, dont il était précisément l’adresse à laquelle il venait de demander au duc de Guermantes de lui écrire, car il en avait hérité et ne le louait que pendant les représentations de Wagner, au prince de Polignac, autre «fantaisiste» délicieux. (III, 376)

Edmond de Polignac, III 376

Edmond de Polignac, III 376

*Les Guermantes avaient beau faire semblant de trouver tous les hommes pareils, dans les grandes occasions où ils se trouvaient avec des gens «nés», et surtout moins bien «nés», qu’ils désiraient et pouvaient flatter, ils n’hésitaient pas à sortir les vieux souvenirs de famille. «Autrefois, reprit le baron, aristocrates voulait dire les meilleurs, par l’intelligence, par le cœur. Or, voilà le premier d’entre nous que je vois sachant ce que c’est que Victurnien d’Esgrignon. J’ai tort de dire le premier. Il y a aussi un Polignac et un Montesquiou, ajouta M. de Charlus qui savait que cette double assimilation ne pouvait qu’enivrer la marquise. (IV, 69)

Edmond de Polignac, IV 69

Edmond de Polignac, IV 69

*Et pourtant, cher Charles Swann, que j’ai connu quand j’étais encore si jeune et vous près du tombeau, c’est parce que celui que vous deviez considérer comme un petit imbécile a fait de vous le héros d’un de ses romans, qu’on recommence à parler de vous et que peut-être vous vivrez». Si dans le tableau de Tissot représentant le balcon du Cercle de la rue Royale, où vous êtes entre Galliffet, Edmond de Polignac et Saint-Maurice, on parle tant de vous, c’est parce qu’on voit qu’il y a quelques traits de vous dans le personnage de Swann. (V, 136)

 

Edmond de Polignac, V 136

Edmond de Polignac, V 136

 


CATEGORIES : Personnage réel/ AUTHOR : patricelouis

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  1. Vivement que ce travail inouï soit publié en DVD, c’est a dire qu’un éditeur s’y intéresse. Le centenaire de la Recherche serait une bonne occasion….

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