Pour qui Proust vote-t-il ?

Pour qui Proust vote-t-il ?

 

Jouons quand il en est encore temps ! Imaginons une uchronie électorale avec Marcel Proust dans l’isoloir dimanche prochain.

Selon vous, quel bulletin mettrait-il dans l’urne (attention, il ne s’agit pas de répondre sur le nom que chacune ou chacun de nous souhaite) ?

 

Pour ma part, je répondrai demain.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

10 comments to “Pour qui Proust vote-t-il ?”

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  1. procédons par élimination : Proust est dreyfusard. Exit Le Pen. Il ne pratique aucune religion, à part la tolérance vis-à-vis des « invertis » : exit Fillon. C’est un bourgeois richissime. Exit Poutou, Arthaud, Mélenchon. Si les ridicules des politiques et des personnels d’ambassade le font rire, il n’en conserve pas moins un respect certain pour les représentants de l’Etat. Exit Lassalle et Cheminade. Comme tous ceux de son temps, il est patriotique, mais son nationalisme est tempéré par une tolérance vis-à-vis des germanophiles, et de nos jours, il serait vraisemblablement raisonnablement pro-européen. Exit Dupont-Aignan et Asselineau.

    Il nous reste donc Hamon,honnête homme, mais trop à gauche, et traînant derrière lui le parfum délétère, aux narines de Proust, du « raté ».

    Donc ce sera Macron, un peu trop européen exalté,certes, mais garant des intérêts de la classe sociale de Proust, et surtout connaissant les Rotschild…

    Et si joli garçon.

    • Brillante analyse, Madame « Clopine Trouillefou » ! J’ai de plus beaucoup apprécié votre style et votre humour ! Bravo !

    • L’amie Laurence Grenier publie sur son blogue proustpourtous :

      Jean-Jacques Salgon écrit:
      Tandis que Jupien clamait à qui voulait l’entendre qu’il voterait Marine Le Pen (parce que bon nombre des proches collaborateurs de la candidate fréquentaient son bordel de la rue de l’Arcade), le baron de Charlus avait laissé entendre dans un dîner que par fidélité à une ancienne baronnie que ses ancêtres avaient possédée dans la vallée d’Aspe, il n’était pas exclu qu’il votât Lasalle. Suivant une de ces subtiles et secrètes alliances que la sociologie fait parfois naître au sein de classes aux intérêts pourtant contradictoires, Françoise avait rejoint sans vraiment le vouloir la vieille marquise de Villeparisis et son neveu Basin, le duc de Guermantes, en faisant depuis le premier jour qui avait suivi la primaire le choix de François Fillon. Son valet de pied, Joseph Périgaud, hésitait encore entre Poutou et Nathalie Artaud. Saint-Loup, lui, depuis des années, professait la plus vive sympathie pour l’allure martiale, juvénile et pour la détermination de Dupont-Aignan. Le snobisme qui constituait pour ainsi dire l’épine dorsale de Legrandin ou du jeune Octave avait fait converger vers Cheminade leurs choix issus pourtant de personnalités opposées. Brichot avait toujours défendu la candidature de Hamon, peut-être simplement par suite de son obsession étymologique qui lui faisait faussement relier ce patronyme aux divinités de l’Égypte antique. Le vieux marquis de Norpois qui ne jurait que par l’indépendance de la France défendait la candidature d’Asselineau. Quant aux Verdurin, ils n’avaient eu aucun mal à entraîner une bonne partie des fidèles du petit clan, Bloch en tête, dans le soutien exclusif à Emmanuel Macron qu’ils considéraient comme le seul candidat de l’avant-garde et de l’élite intellectuelle. Mais ce qui agitait depuis quelques jours tout le Faubourg Saint-Germain et y faisait courir comme un frisson mondain, s’y répandait comme une traînée de poudre, s’y colportait de dîner en dîner, s’y murmurait d’un air entendu jusque dans les loges de l’Opéra, c’était une fois de plus le mot de la duchesse de Guermantes qui, dans une soirée chez la princesse Mathilde où elle n’avait fait que passer, avait déclaré d’un ton solennel et d’un air mystérieux (qui laissaient supposer à ses interlocuteurs qu’elle était allée chercher les raisons de son choix dans les sphères les plus inexpugnables et imprévisibles qui depuis toujours inspiraient ses goûts esthétiques et ses choix intellectuels ou moraux) qu’elle voterait sans la moindre hésitation pour le seul candidat « valable » (c’était son mot): Jean-Luc Mélenchon.

    • Votre profession de foi m’a convaincu. Bien construite, élégante, on sent que sa partition amène vers la cauda coquine.
      Je ne la prend cependant pas pour une consigne de vote…

    • patricelouis says: -#2

      Implacable et joliment trouvé (jusqu’à la dernière ligne) ! Je vote Clopine et son « programme ».

  2. Raisonnement ci-dessus tout à fait convaincant : Macron donc

  3. Je sais pas pour qui « Proust vote, mais on peut noter que, le narrateur parlant de Monsieur de Norpois, écrit:
    « Car la vieillesse nous rend d’abord incapables d’entreprendre, mais non de désirer. Ce n’est que dans une troisième période que ceux qui vivent très vieux ont renoncé au désir, comme ils ont dû abandonner l’action. Ils ne se présentent même plus à des élections futiles où ils tentèrent si souvent de réussir, comme celle de président de la République. Ils se contentent de sortir, de manger, de lire les journaux, ils se survivent à eux-mêmes. »
    Proust, « La Fugitive »

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