Quel sort Marcel réserve-t-il à sa moustache ?

Quel sort Marcel réserve-t-il à sa moustache ?

 

Si Bill Carter m’a été si précieux pour le dossier 1904 (voir l’autre chronique du jour), en fait, je l’avais sollicité sur un autre point.

Je lui demandais de me fournir la version originale du verbe « nibble » que Marcelita Swann citait à propos de l’attitude de Proust avec sa moustache. (Vous noterez au passage le sérieux avec lequel j’exerce mes recherches !).

Il m’a répondu en me joignant le récit fait par Reynaldo Hahn d’un séjour avec lui à la campagne, vers 1895 : « De sa main gauche il poussait obstinément entre ses lèvres le bout de sa petite moustache noire, qu’il mordillait ». Illustration de votre serviteur avec ma propre moustache :

 

J’aurais parié que Marcel Proust se servait plutôt de son index pour lisser sa moustache.

 

Et s’il se la frisait ?

 

Un point éclairé d’un côté, une interrogation de l’autre ! On n’en aura jamais fini avec lui. Regrettable ? Non, au poil !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

3 comments to “Quel sort Marcel réserve-t-il à sa moustache ?”

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  1. Voici le texte que j’ai retrouvé dans Wikipédia et que j’ai pu coller:
    Léon Daudet décrit Proust arrivant au restaurant Weber vers 1905 :
    « Vers sept heures et demie arrivait chez Weber un jeune homme pâle, aux yeux de biche, suçant ou tripotant une moitié de sa moustache brune et tombante, entouré de lainages comme un bibelot chinois. Il demandait une grappe de raisin, un verre d’eau et déclarait qu’il venait de se lever, qu’il avait la grippe, qu’il s’allait recoucher, que le bruit lui faisait mal, jetait autour de lui des regards inquiets, puis moqueurs, en fin de compte éclatait d’un rire enchanté et restait. Bientôt sortaient de ses lèvres, proférées sur un ton hésitant et hâtif, des remarques d’une extraordinaire nouveauté et des aperçus d’une finesse diabolique. Ses images imprévues voletaient à la cime des choses et des gens, ainsi qu’une musique supérieure, comme on raconte qu’il arrivait à la taverne du Globe, entre les compagnons du divin Shakespeare. Il tenait de Mercutio et de Puck, suivant plusieurs pensées à la fois, agile à s’excuser d’être aimable, rongé de scrupules ironiques, naturellement complexe, frémissant et soyeux ».

    .

  2. Patrice~
    You need a longer mustache…to really « nibble! » 😉

    « La tête penchée, le visage grave, il clignait des yeux, les sourcils légèrement froncés comme par un effort d’attention passionnée, et de sa main gauche il poussait obstinément entre ses lèvres le bout de sa petite moustache noire, qu’il mordillait. Je sentais qu’il m’entendait venir, qu’il me voyait, mais qu’il ne voulait ni parler, ni bouger. »

    Reynaldo Hahn
    https://reynaldo-hahn.net/Html/ecritsRHhommageMP.htm

    • patricelouis says: -#2

      Marcelita, you are perfectly right : I have cut it too short. Mire : as Fetiveau shwows it in in commentary : Proust does not only « nibble » his moustache but fiddles with (tripote) and sucks (suce) it.

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