Imagine-t-on Proust mal mis à un mariage ?

Imagine-t-on Proust mal mis à un mariage ?

 

Un mois et demi avant le mariage Guiche-Greffulhe, Marcel Proust reçoit une lettre de sa mère.

 

Le document est à joindre au dossier sur sa présence ou non dans le film de l’église de la Madeleine, le 14 novembre 1904. Mme Proust, en villégiature à l’Hôtel des Bains de Dieppe, écrit le 25 septembre : « Fais bien vérifier ta tenue. Si tu as à t’habiller dans le jour es tu bien sûr que ton costume est irréprochable. »

 

Fort de ce conseil — un ordre ! —, le rejeton (certes âgé de 33 ans mais si attaché à sa maman) aurait-il osé se singulariser dans sa tenue lors d’un rendez-vous mondain si important ? Certes, tout est dans la définition de « irréprochable », mais j’ai tendance à considérer que cela infirme la thèse du Proust fagoté comme l’as de pique dévalant les marches.

 

Dans le même courrier, Mme Proust ajoute : « Mais avant tout plus de chevelure de roi franc, tes cheveux obscurcissent ma vue pendant que je pense à toi. » Deux jours avant, Marcel avait avoué : « Je n’ai pas fait couper mes cheveux », n’ayant pas eu « une minute pour François ».

 

Je tiens ce précieux échange de William Carter qui nous en dit plus sur ce François, déjà nommé par Painter. Il s’agit de François Maigre (1864-1930) ancien barbier de Napoléon III.

 

Ça nous mène à une histoire de moustache, à voir dans une chronique à part.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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