De source sûre

De source sûre

 

La période que nous vivons est troublée par ce que l’on euphémise en « post-vérité » ou travestit en « faits alternatifs ». En réalité, des mensonges seront toujours des mensonges et les fake news des fausses nouvelles.

 

La seule arme valable contre ces impostures tient en une règle journalistique que j’ai apprise puis enseignée : une information n’est authentique que sourcée et recoupée — n’insistez pas, ce n’est pas négociable.

 

Ainsi, à l’origine est la source. À mes débuts dans les médias, l’Agence France Presse (AFP) proposait à ses journalistes un Manuel de l’agencier où elle distinguait les diverses sources d’information : « directe (selon la police, des témoins), indirecte, officielle identifiée, officielle non identifiée attribuable (de source autorisée, dans l’entourage, dans les milieux diplomatiques), non officielles non identifiées non attribuables (de bonne source, de source bien informée, de source généralement bien informée, de source digne de foi, dans les milieux informés, responsables, compétents, selon un témoin qui a requis l’anonymat, les experts, croit–on savoir, de sources concordantes), les observateurs »…

Pour ne rien arranger, il faut ajouter que les clients des agences sont libres de reprendre ou non les indications de source ou de les modifier, faisant – en outre – apparaître les « intimes », les « familiers », les « conseillers », les « interlocuteurs », la « classe politique », les « coulisses », « les allées du pouvoir », « l’homme de la rue »,  et l’énigmatique « on ».

 

Ces sources, Marcel Proust en maîtrise la subtilité et les évoque dans À la recherche du temps perdu, ne réservant pas le mot à la Vivonne ! À nous les sources tout à fait autorisées, les bonnes sources, les sources tout à fait sûres, les sources de premier ordre et de tout premier ordre.

 

Ce n’est pas un hasard si le premier personnage qui utilise la formule est un diplomate, l’inénarrable marquis de Norpois, à propos du roi Théodose :

*Pour ma part je faisais pleine confiance au sens politique du souverain. Mais j’avoue que mes espérances ont été dépassées. Le toast qu’il a prononcé à l’Élysée, et qui, d’après des renseignements qui me viennent de source tout à fait autorisée, avait été composé par lui du premier mot jusqu’au dernier, était entièrement digne de l’intérêt qu’il a excité partout. C’est tout simplement un coup de maître; un peu hardi je le veux bien, mais d’une audace qu’en somme l’événement a pleinement justifiée. II

 

Suivent Mme Cottard, l’épouse du premier président, M. de Bréauté, Swann, Brichot, des amies de la mère du Héros, Bloch et d’autres non identifiés.

*[Mme Cottard :] À propos de vue, vous a-t-on dit que l’hôtel particulier que vient d’acheter Mme Verdurin sera éclairé à l’électricité ? Je ne le tiens pas de ma petite police particulière, mais d’une autre source : c’est l’électricien lui-même, Mildé, qui me l’a dit. Vous voyez que je cite mes auteurs ! Jusqu’aux chambres qui auront leurs lampes électriques avec un abat-jour qui tamisera la lumière. C’est évidemment un luxe charmant. II

*[Des bourgeois clients du Grand-Hôtel] Peut-être y avait-il aussi un peu de ce même ennui d’être par erreur crus moins « chic » et de ne pouvoir expliquer qu’ils l’étaient davantage, au fond du « Joli Monsieur ! » dont ils qualifiaient un jeune gommeux, fils poitrinaire et fêtard d’un grand industriel et qui, tous les jours, dans un veston nouveau, une orchidée à la boutonnière, déjeunait au champagne, et allait, pâle, impassible, un sourire d’indifférence aux lèvres, jeter au Casino sur la table de baccara des sommes énormes « qu’il n’a pas les moyens de perdre » disait d’un air renseigné le notaire au premier président duquel la femme « tenait de bonne source » que ce jeune homme « fin de siècle » faisait mourir de chagrin ses parents. II

*Rassurée sur la crainte d’avoir à causer avec Swann, Mme de Guermantes n’éprouvait plus que de la curiosité au sujet de la conversation qu’il avait eue avec le maître de maison. « Savez-vous à quel sujet ? demanda le duc à M. de Bréauté. — J’ai entendu dire, répondit celui-ci, que c’était à propos d’un petit acte que l’écrivain Bergotte avait fait représenter chez eux. C’était ravissant, d’ailleurs. Mais il paraît que l’acteur s’était fait la tête de Gilbert, que, d’ailleurs, le sieur Bergotte aurait voulu en effet dépeindre. — Tiens, cela m’aurait amusée de voir contrefaire Gilbert, dit la duchesse en souriant rêveusement. — C’est sur cette petite représentation, reprit M. de Bréauté en avançant sa mâchoire de rongeur, que Gilbert a demandé des explications à Swann, qui s’est contenté de répondre, ce que tout le monde trouva très spirituel : « Mais, pas du tout, cela ne vous ressemble en rien, vous êtes bien plus ridicule que ça ! » Il paraît, du reste, reprit M. de Bréauté, que cette petite pièce était ravissante. Mme Molé y était, elle s’est énormément amusée. — Comment, Mme Molé va là ? dit la duchesse étonnée. Ah! c’est Mémé qui aura arrangé cela. C’est toujours ce qui finit par arriver avec ces endroits-là. Tout le monde, un beau jour, se met à y aller, et moi, qui me suis volontairement exclue par principe, je me trouve seule à m’ennuyer dans mon coin. » Déjà, depuis le récit que venait de leur faire M. de Bréauté, la duchesse de Guermantes (sinon sur le salon Swann, du moins sur l’hypothèse de rencontrer Swann dans un instant) avait, comme on voit, adopté un nouveau point de vue. « L’explication que vous nous donnez, dit à M. de Bréauté le colonel de Froberville, est de tout point controuvée. J’ai mes raisons pour le savoir. Le Prince a purement et simplement fait une algarade à Swann et lui a fait assavoir, comme disaient nos pères, de ne plus avoir à se montrer chez lui, étant donné les opinions qu’il affiche. Et, selon moi, mon oncle Gilbert a eu mille fois raison, non seulement de faire cette algarade, mais aurait dû en finir il y a plus de six mois avec un dreyfusard avéré. » […]

Mais M. de Bréauté n’avait cessé de ruminer le démenti que lui avait infligé le colonel de Froberville.

— Je ne doute pas de l’exactitude de votre récit, mon cher ami, dit-il, mais je tenais le mien de bonne source. C’est le prince de La Tour d’Auvergne qui me l’avait narré. IV

*— Il paraît que Loubet est en plein pour nous, de source tout à fait sûre, dit à Saint-Loup, mais cette fois à voix plus basse pour ne pas être entendu du général, Swann pour qui les relations républicaines de sa femme devenaient plus intéressantes depuis que l’affaire Dreyfus était le centre de ses préoccupations. Je vous dis cela parce que je sais que vous marchez à fond avec nous.

— Mais, pas tant que ça; vous vous trompez complètement, répondit Robert. C’est une affaire mal engagée dans laquelle je regrette bien de m’être fourré. Je n’avais rien à voir là dedans. Si c’était à recommencer, je m’en tiendrais bien à l’écart. Je suis soldat et avant tout pour l’armée. Si tu restes un moment avec M. Swann, je te retrouverai tout à l’heure, je vais près de ma tante. IV

*[M. de Cambremer] Mme de Cambremer avait fait venir ici le curé d’une paroisse où elle a de grands biens et qui a la même tournure d’esprit que vous, à ce qu’il semble. Il a écrit un ouvrage. — Je crois bien, je l’ai lu avec infiniment d’intérêt», répondit hypocritement Brichot. La satisfaction que son orgueil recevait indirectement de cette réponse fit rire longuement M. de Cambremer. « Ah ! eh bien, l’auteur, comment dirais-je, de cette géographie, de ce glossaire, épilogue longuement sur le nom d’une petite localité dont nous étions autrefois, si je puis dire, les seigneurs, et qui se nomme Pont-à-Couleuvre. Or je ne suis évidemment qu’un vulgaire ignorant à côté de ce puits de science, mais je suis bien allé mille fois à Pont-à-Couleuvre pour lui une, et du diable si j’y ai jamais vu un seul de ces vilains serpents, je dis vilains, malgré l’éloge qu’en fait le bon La Fontaine (L’Homme et la couleuvre était une des deux fables). — Vous n’en avez pas vu, et c’est vous qui avez vu juste, répondit Brichot. Certes, l’écrivain dont vous parlez connaît à fond son sujet, il a écrit un livre remarquable. — Voire! s’exclama Mme de Cambremer, ce livre, c’est bien le cas de le dire, est un véritable travail de Bénédictin — Sans doute il a consulté quelques pouillés (on entend par là les listes des bénéfices et des cures de chaque diocèse), ce qui a pu lui fournir le nom des patrons laïcs et des collateurs ecclésiastiques. Mais il est d’autres sources. Un de mes plus savants amis y a puisé. Il a trouvé que le même lieu était dénommé Pont-à-Quileuvre. Ce nom bizarre l’incita à remonter plus haut encore, à un texte latin où le pont que votre ami croit infesté de couleuvres est désigné : Pons cui aperit. Pont fermé qui ne s’ouvrait que moyennant une honnête rétribution. IV

*Quand M. de Cambremer n’était pas encore brouillé avec les Verdurin, il me demandait : « Vous ne croyez pas, avec ce brouillard-là, que vous allez avoir vos étouffements ? Ma sœur en a eu de terribles ce matin. Ah ! vous en avez aussi, disait-il avec satisfaction. Je le lui dirai ce soir. Je sais qu’en rentrant elle s’informera tout de suite s’il y a longtemps que vous ne les avez pas eus. » Il ne me parlait, d’ailleurs, des miens que pour arriver à ceux de sa sœur, et ne me faisait décrire les particularités des premiers que pour mieux marquer les différences qu’il y avait entre les deux. Mais malgré celles-ci, comme les étouffements de sa sœur lui paraissaient devoir faire autorité, il ne pouvait croire que ce qui «réussissait» aux siens ne fût pas indiqué pour les miens, et il s’irritait que je n’en essayasse pas, car il y a une chose plus difficile encore que de s’astreindre à un régime, c’est de ne pas l’imposer aux autres. « D’ailleurs, que dis-je, moi profane, quand vous êtes ici devant l’aréopage, à la source. Qu’en pense le professeur Cottard ? » IV

*[Charlus à Brichot :] revenons au XVIIe siècle ; vous savez que Saint-Simon dit du maréchal d’Huxelles, entre tant d’autres : « Voluptueux en débauches grecques, dont il ne prenait pas la peine de se cacher, et accrochait de jeunes officiers qu’il domestiquait, outre de jeunes valets très bien faits, et cela sans voile, à l’armée et à Strasbourg. » Vous avez probablement lu les lettres de Madame, les hommes ne l’appelaient que « Putana ». Elle en parle assez clairement. — Et elle était à bonne source pour savoir, avec son mari. — C’est un personnage si intéressant que Madame, dit M. de Charlus. On pourrait faire d’après elle le portrait ne varietur, la synthèse lyrique de la « Femme d’une Tante ». V

*Enfin, du moins, Andrée allait partir. Mais je ne voulais pas qu’Albertine pût me mépriser comme ayant été dupe d’elle et d’Andrée. Un jour ou l’autre, je le lui dirais. Et ainsi je la forcerais peut-être à me parler plus franchement, en lui montrant que j’étais informé tout de même des choses qu’elle me cachait. Mais je ne voulais pas lui parler de cela encore, d’abord parce que, si près de la visite de sa tante, elle eût compris d’où me venait mon information, eût tari cette source et n’en eût pas redouté d’inconnues. V

*D’anciennes amies de ma mère, plus ou moins de Combray, vinrent la voir pour lui parler du mariage de Gilberte, lequel ne les éblouissait nullement. «Vous savez ce que c’est que Mlle de Forcheville, c’est tout simplement Mlle Swann. Et le témoin de son mariage, le « Baron » de Charlus, comme il se fait appeler, c’est ce vieux qui entretenait déjà la mère autrefois au vu et au su de Swann qui y trouvait son intérêt. — Mais qu’est-ce que vous dites ? protestait ma mère, Swann, d’abord, était extrêmement riche. — Il faut croire qu’il ne l’était pas tant que ça pour avoir besoin de l’argent des autres. Mais qu’est-ce qu’elle a donc, cette femme-là, pour tenir ainsi ses anciens amants ? Elle a trouvé le moyen de se faire épouser par le troisième et elle retire à moitié de la tombe le deuxième pour qu’il serve de témoin à la fille qu’elle a eue du premier ou d’un autre, car comment se reconnaître dans la quantité ? elle n’en sait plus rien elle-même ! Je dis le troisième, c’est le trois centième qu’il faudrait dire. Du reste, vous savez que si elle n’est pas plus Forcheville que vous et moi, cela va bien avec le mari qui, naturellement, n’est pas noble. Vous pensez bien qu’il n’y a qu’un aventurier pour épouser cette fille-là. Il paraît que c’est un Monsieur Dupont ou Durand quelconque. S’il n’y avait pas maintenant un maire radical à Combray, qui ne salue même pas le curé, j’aurais su le fin de la chose. Parce que, vous comprenez bien, quand on a publié les bans, il a bien fallu dire le vrai nom. C’est très joli, pour les journaux ou pour le papetier qui envoie les lettres de faire-part, de se faire appeler le marquis de Saint-Loup. Ça ne fait mal à personne, et si ça peut leur faire plaisir à ces bonnes gens, ce n’est pas moi qui y trouverai à redire ! en quoi ça peut-il me gêner ? Comme je ne fréquenterai jamais la fille d’une femme qui a fait parler d’elle, elle peut bien être marquise long comme le bras pour ses domestiques. Mais dans les actes de l’état civil ce n’est pas la même chose. Ah ! si mon cousin Sazerat était encore premier adjoint, je lui aurais écrit, à moi il m’aurait dit sous quel nom il avait fait faire les publications. »

D’autres amies de ma mère, qui avaient vu Saint-Loup à la maison, vinrent à son « jour » et s’informèrent si le fiancé était bien celui qui était mon ami. Certaines personnes allaient jusqu’à prétendre, en ce qui concernait l’autre mariage, qu’il ne s’agissait pas des Cambremer-Legrandin. On le tenait de bonne source, car la marquise, née Legrandin, l’avait démenti la veille même du jour où les fiançailles furent publiées. VI

*Bloch nous quitta devant sa porte, débordant d’amertume contre Saint-Loup, lui disant qu’eux autres « beaux fils galonnés » paradant dans les États-Majors ne risquaient rien, et que lui, simple soldat de 2e classe n’avait pas envie de se faire «trouer la peau» pour Guillaume. « Il paraît qu’il est gravement malade, l’Empereur Guillaume», répondit Saint-Loup. Bloch qui, comme tous les gens qui tiennent de près à la Bourse, accueillait avec une facilité particulière les nouvelles sensationnelles, ajouta : « On dit même beaucoup qu’il est mort ». À la Bourse tout souverain malade, que ce soit Édouard VII ou Guillaume II, est mort, toute ville sur le point d’être assiégée est prise. « On ne le cache, ajouta Bloch, que pour ne pas déprimer l’opinion chez les Boches. Mais il est mort dans la nuit d’hier. Mon père le tient d’une source de tout premier ordre  Les sources de tout premier ordre étaient les seules dont tînt compte M. Bloch le père, alors que, par la chance qu’il avait, grâce à de « hautes relations », d’être en communication avec elles, il en recevait la nouvelle encore secrète que l’Extérieure allait monter ou la de Beers fléchir. D’ailleurs, si à ce moment précis se produisait une hausse sur la de Beers, ou des « offres » sur l’Extérieure, si le marché de la première était « ferme » et « actif », celui de la seconde « hésitant », « faible », et qu’on s’y tint « sur la réserve », la source de premier ordre n’en restait pas moins une source de premier ordre. Aussi Bloch nous annonça-t-il la mort de Kaiser d’un air mystérieux et important, mais aussi rageur. Il était surtout particulièrement exaspéré d’entendre Robert dire : « l’Empereur Guillaume ». Je crois que sous le couperet de la guillotine Saint-Loup et M. de Guermantes n’auraient pas pu dire autrement. VII

*La guerre se prolongeait indéfiniment et ceux qui avaient annoncé de source sûre, il y avait déjà plusieurs années, que les pourparlers de paix étaient commencés, spécifiant les clauses du traité, ne prenaient pas la peine quand ils causaient avec vous de s’excuser de leurs fausses nouvelles. Ils les avaient oubliées et étaient prêts à en propager sincèrement d’autres qu’ils oublieraient aussi vite. VII

 

Ma source ? Elle est tout ce qu’il y a de sûr et d’identifié, Proust lui-même.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

3 comments to “De source sûre”

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  1. Ah, Patrice, not only can’t you trust others….you can’t even trust « yourself » (if you were the Narrator) !

    1)
    “…ailleurs encore, à me rappeler les lieux, les personnes que j’y avais connues, ce que j’avais vu d’elles, ce qu’on m’en avait raconté.”

    “…remembering again all the places and people I had known, what I had actually seen of them, and what others had told me.”

    2)
    “– ce que nous voyons, ce que nous apprenons d’une manière irréfutable –“

    “— what we see with our own eyes or learn from irrefutable sources—“

    3)
    “La demande de Morel me contrariait infiniment, non pas en ce qu’elle me forçait à grandir la situation de son père, ce qui m’était tout à fait égal, mais la fortune au moins apparente du mien, ce que je trouvais ridicule. Mais son air était si malheureux, si urgent que je ne refusai pas.”
    […]
    “Je venais de transmettre à Mme Verdurin le message dont m’avait chargé Morel,…”

    “Morel’s request annoyed me intensely, not because it obliged me to magnify his father’s position, which was a matter of complete indifference to me, but by requiring me to exaggerate the apparent wealth of my own, which I felt to be absurd. But he appeared so wretched so pressing, that I could not refuse him.”
    […]
    “I had just given Mme Verdurin the message with which Morel had entrusted me,…”

    Is this what we now call « spin? » 😉

  2. Thinking….maybe this?

    « His opponents have put a very different spin on the results. »
    « Ses adversaires ont donné un sens très différent à ces résultats. »

    In other words…trying to convince you what you ‘heard, or ‘saw’ was not « real. »
    Or…outright lying to you, when you are ignorant of the facts (like Madame Verdurin believing the Narrator’s blatant lie about Morel’s family history).

    Aside:
    Proust enlightens us…and helps us understand the current ‘political noise’ in America.
    –You can’t believe anything. Be wary.–
    And in the end? We loose faith…and Putin’s type of ‘news-propaganda’ wins.

    ********
    The latest article: « Qu’est-ce qui faisait courir Proust ? » http://w.lpnt.fr/2114510t )

    Which is why I wish Sophie Pujas would ask Jean-Pierre Henriet these two questions:
    1)
    « How do you justify the drastic physical changes in Proust in these three photographs (see links below)?
    2)
    Why did Proust decide to have his barber cut his mustache, so he looked similar to his 1890 (twenty year old self)? http://www.sothebys.com/en/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.140.html

    Links to photographs:
    -August 1904: Proust, 33 years old, on the yacht « Hèléne. »
    http://www.proust-ink.com/news/2017/2/24/was-proust-captured-on-film-leaving-a-wedding-in-1904

    -November 1904: http://www.babelio.com/auteur/Marcel-Proust/2103 Horrors! No qualifications here, so the ignorant believe there is no « spin » on the other side. 😉

    -September 1905: Proust, 34 years old: (Scroll down to page 3)
    http://www.argentiquececil-kodak.fr/wa_files/La_20gazette_2010D.pdf

    If I read French, I would begin research into Francois Maigre!
    You know that Sylvia Lopez and I believe Proust kept his mustache long…to help filter out the dust and pollen, before he breathed them into his lungs–which may have triggered an asthma attack.

    Proust began growing a longer mustache before 1895 and was never seen with a shorter one…unless you believe this is Proust in the 1904 film.

    Now, I want to hear « the spin » on why a creature of Habit, would suddenly decide to cut his mustache and then grow to back ten months later…even fuller! 😉 😉

    From Carter’s biography, « Marcel Proust: A Life »

    « For whatever reason, ‘because of this coldness, fatigue from not having rested, an indescribable malaise set in, sore throat, despair, inability to move, unbelievable pulse, etc. etc.’ Had he experienced a panic attack, or was this the onset of a real illness? In any event his barber François, whom he had summoned to cut his hair, saw that he was in no shape for a trim and left. (79).  » William C. Carter

    Footnote 79.
    François Maigre (1864–1930), formerly barber to Napoléon III. SL 2: 93, n. 4. »
    (Proust’s letter to his mother, 21 September 1904)

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