Dans la chambre de Marcel

Dans la chambre de Marcel

 

Où dormir pour être au plus près de Marcel Proust ? A Paris, n’y pensez pas ! tous ses domiciles sont inaccessibles, soit disparus soit réattribués.

Et la chambre de Carnavalet ? N’y pensez plus ! ce trésor prend la poussière dans des caisses pendant les trois ans de fermeture du musée.

Alors à Illiers-Combray ? Oubliez ! il est interdit même de s’asseoir sur le lit du petit Marcel et, si vous avez plus de dix ans, vous ne rentreriez pas sous les draps. Reste Cabourg. Gagné !

Je viens de vivre une expérience inoubliable que je vous propose de partager en image — au plus près. J’ai en effet eu le privilège d’être invité par la directrice du Grand-Hôtel, la très tenace Corinne Dupont fort désireuse d’instiller plus et mieux de Proust dans son établissement. Elle pensait qu’échanger avec moi pouvait ne pas être inutile.

J’ai donc sauté dans mon coupé cabriolet et dans le brouillard. Deux cent cinquante kilomètres plus tard, je me garais sur le parking du prestigieux hôtel. Et là, geste précieux, me fut attribuée une chambre particulière, la 414. Les Proustiennes et Proustiens avisés savent que c’est celle que le Grand-Hôtel a consacrée au souvenir de l’écrivain qui y est venu régulièrement de sa construction en 1907 à 1914. Je serais volontiers de ceux qui en font le « personnage » central d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs, qui se passe essentiellement à Balbec et dans son Grand-Hôtel. Et d’emblée, j’ai souhaité vous faire partager mon installation.

 

À nous la 414.

 

Suivez-moi dans l’ascenseur ou, par la grâce du miroir, j’ai l’impression de n’être pas seul mais en compagnie du « lift ».

 

Sortant au 4e étage, la première vision est la signature de l’auteur de la Recherche sur le mur…

 

… au-dessus d’un canapé flashy.

 

Prenons le couloir à droite.

 

Arrêtons-nous devant notre porte.

 

Une entrée…

 

… avec tableau.

 

Derrière une deuxième porte, la chambre.

 

Le lit à gauche.

 

Sur le mur la Vue de Delft de Vermeer familière aux fanas (un mot d’explication ne serait pas de trop pour les autres).

 

Dans le coin, un bureau avec des fac-similés de mots de l’écrivain.

 

Au fond de la chambre, la fenêtre…

 

… avec vue sur mer.

 

Un portrait de Proust à droite des rideaux.

 

En face du lit, une bibliothèque abritant de beaux livres, dont quelques Pléiades et une télé.

 

À côté, le tableau Hôtel des Roches Noires de Monet, que Proust fréquenta.

 

Le dernier mur dissimule des boissons derrière des glaces.

 

Ajoutez deux fauteuils et une table ronde…

 

… un valet…

 

Et au-dessus de tout ça, un lustre.

 

Il ne reste plus qu’à passer dans la grande salle de bains.

Deux lavabos…

 

… une baignoire…

 

… des placards et, enfin, deux peignoirs.

 

Comment, déjà tant de photos et de temps à les prendre ! Mme la directrice m’attend et je m’en voudrais de la faire patienter.

Un dernier œil sur l’indispensable petite pancarte de tout hôtel digne de ce nom :

(Photos PL)

 

La suite demain avec — promis — des clichés de moi dans le lit.

 

Parole de proustiste…

Patri ce Louis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

4 comments to “Dans la chambre de Marcel”

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  1. Beau reportage qui va faire des envieux.

  2. en pyjama ? ou en tenue d’Adam, de la côte duquel…. voir le début de la Recherche.
    BRAVO!

  3. Cher Patrice, pour dormir à Paris chez Marcel Proust, il y a l’hôtel littéraire le Swann…
    Vous aviez d’ailleurs consacré un bel article à votre nuit chez la Charité de Giotto !
    Amitiés,
    Hélène Montjean

    • Certes, certes… Je pensais à des lieux que Proust a fréquentés, où il a lui-même logé et qui en ont gardé la trace — dans l’idéal son lit.

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