Une fantomatique commune près d’Illiers-Combray

Une fantomatique commune près d’Illiers-Combray

 

Certains, dans le coin, baptisent l’église d’Orrouer « la cathédrale des blés »… Vue du ciel, au plus près du bon Dieu, ça donne ça :

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Orrouer est singulière. La commune, c’est l’église. Autour, rien. Il faut faire des kilomètres pour trouver les cinq hameaux épars qui en logent les 292 habitants et dont aucun ne s’appelle Orrouer (nom dérivé d’oratorium – comme Ozoir ou Oradour).

 

Perdue au milieu des champs, Saint-Martin — c’est son nom — est bâtie, au XIIe siècle, au carrefour de sept routes, sur un antique chemin gaulois, emprunté au Moyen-Âge par les pèlerins en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle.

De loin, vue des quatre coins cardinaux :

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Au XIVe et XVe siècle, pendant la guerre de Cent ans et les guerres de religion, le village (où l’on trouve une léproserie) qui s’abrite autour de l’église est pillé et détruit. Elle seule demeure debout, entourée du cimetière. Entièrement reconstruite au XVIe siècle, sa conservation demeure un mystère.

 

Alors qu’aucune autre bâtisse ne s’offre au regard où qu’il se porte, elle s’élève au milieu des cultures :

 

 

Et de plus en plus près

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Leur village saccagé, les Orrouériens se voient contraints de s’installer aux alentours. Au milieu du XVIIe siècle, la paroisse compte « 350 communiants », selon les archives ecclésiastiques d’Eure-et-Loir.

 

Pour ajouter une touche morbide au lieu, la seule installation qui s’est adjointe à l’église et à son cimetière est le monument aux morts de guerres de 14-18 et 39-45.

(Photos PL)

(Photos PL)

 

Certes, Orrouer est loin d’Illiers-Combray (une quinzaine de kilomètres) et absente de l’œuvre de Marcel Proust. Et alors ! Son existence fantomatique ne mérite pas d’être ignorée, d’autant que mes recherches m’ont permis de trouver un certain abbé, prénommé Ernest Gabriel Joseph (1879-1911), curé non installé de Saint-Martin en 1902 à l’âge de 23 ans. Son nom : Leproust.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

5 comments to “Une fantomatique commune près d’Illiers-Combray”

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  1. Alors, pour compléter ce que j’avais dit, le Saint-Martin-des-Champs d’un brouillon de la Recherche, avant la dénomination définitive de Saint-André-des-Champs, pourrait venir de là, car c’est plus vraisemblable que l’église parisienne.

  2. Cher Patrice

    merci d’être notre sentinelle, constante,facétieuse et fidèle.
    alexandra

  3. Beau reportage photographique.

  4. On imagine, au mois de juin, dans l’océan des blés.

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