Illiers-Combray illustré (2)

II La maison familiale

 

Proust n’y a pas habité. En plus, il ne l’évoque pas dans son œuvre. Pourtant, ce lieu est capital. Sans lui, pas de Marcel :

01-maison-natale-eglise-ruela maison natale de son père.

 

02-adrien-proust-nadarAdrien Proust, d’une famille de commerçants d’Illiers y voit le jour en 1834, ainsi que

03-elisabeth-amiotsa sœur ainée, Élisabeth, qui deviendra

04-elisabeth-amiot-portraitAmiot en épousant Jules. Pour certains, ici, Adrien est le grand homme de la famille : né natif, il symbolise la réussite en devenant, à Paris,

05-adrien-proust-portraitmédecin chef de service à l’Hôtel-Dieu professeur à la chaire d’hygiène à la faculté de médecine, inspecteur général des services sanitaires internationaux. Aujourd’hui encore, certains prononcent son nom sans les deux consonnes de fin. Ce « Prou »-là épouse

06-jeanne-weilJeanne Weill

07-jeanne-weil-portrait née en 1849, d’une riche famille juive alsacienne.

 

Là encore, deux côtés,

08-maison-natale-adrien-proust-cote-ruecôté rue et

09-maison-natale-cote-placecôté place.

Sur la façade qui donne sur le premier,

10-la-plaque-dhommage-au-pereun médaillon de bronze représente Adrien, réalisé par Marie Nordlinger, une amie, et repris

11-tombe-proust-pere-lachaisede la tombe familiale au Père-Lachaise où il avait été placé.

 

La maison ne se visite pas. Laissez-moi vous révéler un « coin » qui dévoile un petit mystère de la Recherche. Au deuxième étage a été bizarrement conservé

12-100-inun « petit coin » et c’est tant mieux. À la turque et en bois, il est « d’époque » ! Quand je l’ai découvert, j’ai regretté la présence

13-100-outd’un graffiti récent qui orne sa porte, un énorme chiffre 100 peint en blanc, aussi déplacé qu’un tag sur un monument. Or, l’inscription porte un message qui n’a rien de mystérieux aux initiés, renvoyant directement à un passage de Sodome et Gomorrhe :

*Cottard arriva enfin, quoique mis très en retard, car, ravi de servir de témoin mais plus ému encore, il avait été obligé de s’arrêter à tous les cafés ou fermes de la route, en demandant qu’on voulût bien lui indiquer « le n° 100 » ou le « petit endroit ».

 

Enquête faite, ce « 100 »-là doit être lu en toutes lettres, « c, e, n, t ». Jadis, dans une expression argotique parisienne, il désignait les lieux d’aisance par calembour entre « cent » et « sent ». Ce numéro élevé est celui qui sent le plus ! Reste un mystère : qui a fait le lien et écrit ce « 100 » soudain lumineux ?

 

14-place-de-legliseAllons respirer sur la Place.

(Photos PL)

(Photos PL)

Le magasin du grand-père, François Valentin, fabricant de chandelles et de cierges, épicier, mercier, existe toujours sur la place de l’Église.

 

Demain, l’église.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “Illiers-Combray illustré (2)”

You can leave a reply or Trackback this post.
  1. C’est merveilleux. Continuez !

Write a Reply or Comment

Your email address will not be published.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et