Illiers-Combray illustré (10)

X Le Pré Catelan

 

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Apaisant Pré Catelan… De plantes, d’allées et d’eau, le jardin comble de plaisir qui veut jouir de la mélodie du silence. Là, ni recherché ni retrouvé, le temps est suspendu. Anglais, romantique, fantaisiste et privé, il est créé en 1850. Il est dessiné par l’époux d’Élisabeth Amiot (tante Léonie dans l’œuvre, veuve d’Octave et appelée parfois Mme Octave).

 

Le nom du jardin proustien est copié sur le parc botanique de Pré-Catelan du Bois de Boulogne, Paris, baptisé lui en hommage à Théophile Catelan, capitaine des chasses de Louis XIV, mais la légende l’attribue à Arnault Catelan, troubadour qui serait mort là, tué par des Archers (ceux-là même qui ont leur « maison » à Illiers-Combray) en apportant des cadeaux de mariage à Marguerite de Provence venue à Paris pour épouser Louis IX.

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C’est le haut-lieu des Proustiens du monde entier, point de ralliement annuel,

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la haie d’aubépines et

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le petit raidillon. Le Pré Catelan, Tansonville dans l’œuvre, appartient à Charles Swann, l’ami juif de la famille du Héros, époux d’une demi-mondaine, Odette de Crécy, et père de Gilberte, l’amour enfantin du Héros.

 

* Et il avait beau traverser une ville de pierre pour se rendre en quelque hôtel clos, ce qui était sans cesse devant ses yeux, c’était un parc qu’il possédait près de Combray, où, dès quatre heures, avant d’arriver au plant d’asperges, grâce au vent qui vient des champs de Méséglise, on pouvait goûter sous une charmille autant de fraîcheur qu’au bord de l’étang cerné de myosotis et de glaïeuls, et où, quand il dînait, enlacées par son jardinier, couraient autour de la table les groseilles et les roses. I

 

C’est dans ce sentier, de l’autre côté de la haie, que le jeune héros voit pour la première fois son grand amour, Gilberte Swann. Encore deux côtés,

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celui du Héros,

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celui de l’héroïne.

 

De quoi est-il composé, ce jardin, plat à l’entrée et ascendant jusqu’à la sortie qui, franchie, ramène en bas via un raidillon dont le flanc gauche est une haie d’aubépines ?

Lisons d’abord Jean Santeuil où l’endroit est nommé « le jardin des Oublis » :

*Le père de M. Santeuil avait, de l’autre côté de la ville, un immense jardin qui,

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 s’étendant d’abord en terre-plein

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devant le cours du Loir,

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s’élevait peu à peu, ici par de lentes montées,

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là par des escaliers de pierres

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conduisant à une grotte artificielle,

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jusqu’au niveau des plaines élevées qui commencent la Beauce et sur lesquelles

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il s’ouvrait par une porte à claire-voie.

 

Comparons maintenant avec l’actuelle réalité :

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Une rivière « serpentine » coupe les pelouses arborées dans leur longueur

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17-pont-118-pont-219-pont-3et quatre ponts de bois la franchissent :

*Obscurcie par l’ombre des grands arbres qui l’entouraient, une pièce d’eau avait été creusée par les parents de Swann…

 

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Un pigeonnier d’inspiration orientale (due au goût de l’oncle pour un art rencontré lors de séjours en Algérie) et

22-kiosqueun kiosque treillissé de vert se dressent dans une des boucles.

 

À mi-hauteur se présente

24-maison-des-archersla maison des Archers sur la fausse grotte :

*Quelques-uns [des lilas], à demi cachés par

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la petite maison en tuiles appelée maison des Archers, où logeait le gardien, dépassaient son pignon gothique de leur rose minaret. I

 

Plus haut, le banc d’asperges :

25-banc-dasperges-1*avant d’arriver au banc d’asperges…

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Et pour sortir,

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la barrière blanche :

*l’on sortait de la ville par le chemin qui passait le long de la barrière blanche du parc de M. Swann)…

*il avait beau pleuvoir, demain, au-dessus de la barrière blanche de Tansonville…

 

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Trois arbres, m’a-t-on dit, se dressaient déjà du temps du petit Marcel. J’ai supposé que ce sont ceux-là.

 

Demain, la haie d’aubépines et le raidillon.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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  1. ce sont bien ces 3 arbres plantés par Monsieur Amiot

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