Bicyclette, vélocipède et bécane

Bicyclette, vélocipède et bécane

 

Il est toujours passionnant de trouver aussi passionné que soi…

Prenez Francis Robin. Ce monsieur est membre du Mouvement de défense de la bicyclette et auteur du Traité de Cyclonymie. Comme c’est un «  curieux de Proust », il est tombé sur mon blogue et m’écrit :

« Monsieur

Je vous remercie pour votre site consacré à Marcel Proust.

M’intéressant aussi à cet auteur et à l’histoire des origines de la bicyclette, j’ai été surpris par l’emploi par un passionné de Proust de « bicyclette » dans cette phrase : « La bicyclette moderne n’est guère plus vieille que l’ami Marcel — dix ans de plus précisément puisque c’est en 1861 qu’un artisan serrurier, Pierre Michaux, sort la draisienne de l’oubli en inventant le pédalier. La haute société est vite séduite. » [Voir la chronique Le tour de Proust cycliste]

Michaux, ou son fils Ernest, aurait inventé non pas la bicyclette mais le vélocipède, en plaçant des pédales sur la roue avant d’une draisienne, et ce, au début des années 1860, aucune preuve irréfragable de la date n’ayant été trouvée.

La bicyclette moderne, donc avec transmission de l’énergie depuis le pédalier à la roue arrière, a été inventée dans les années 1880 par Juzan à Bordeaux voire, pour certains, lors de l’équipement des pneumatiques par Dunlop puis Michelin, vers 1891 (course Paris-Brest et retour).

Mais des historiens ont trouvé le brevet d’une première bicyclette, plus ancien : il s’agit du brevet n° 92811 (aujourd’hui déposé à l’INPI) par Viarengo de Forville.

Ce consul d’Italie à Nantes avait inventé l’engin suite à la réflexion d’une Nantaise déplorant que le vélocipède était peu adaptée aux robes des femmes.

Le brevet est accompagné de photos, ce qui prouve que cette bicyclette a été bien construite. Et il a été déposé le 30 septembre 1871, moins de deux mois après la naissance de Proust le 10 juillet 1871.

Les liens entre Proust et la bicyclette se trouvent ainsi renforcés.

Quant à vos escapades vélocipédiques proustiennes, c’est une idée fort intéressante. J’avais jadis organisé des sorties thématiques à Paris alors que la mode n’était pas encore venue et je pensais rendre visite derechef à Illiers aux beaux jours, voire cycler de la Beauce à la côte normande.

Auriez-vous dessiné, voire publié, des itinéraires proustiens, avec commentaires

Cordialement. »

 

Dans un document joint, mon fana de la bicyclette revient sur le mot « bécane » que Proust met dans la bouche d’Albertine : « Il s’agirait d’un terme d’origine argotique relatif au cri de l’oiseau « bécant », c’est-à-dire qui frappe du bec. Il aurait été employé en argot pour une machine en raison du bruit comparable, d’abord avec le sens de mauvaise locomotive dès 1841, puis de vieille machine en général, avant de s’appliquer à la bicyclette en 1890. Même Marcel Proust emploiera ce terme familier mais ce sera seulement pour la bicyclette d’Albertine : il établit ainsi une relation entre l’origine sociale modeste de la jeune fille et le registre populaire du mot. »

 

Cher M. Robin, vous en connaissez un rayon (de bicyclette). Mille mercis de faire partager votre science. Je vous attends d’un mollet ferme, à Illiers-Combray, aux beaux jours, pour « cycler » avec vous sur les routes beauceronnes.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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