Ouvrir la Recherche : la réponse de Franck Ferrand

Ouvrir la Recherche : la réponse de Franck Ferrand

 

Le spécialiste de l’Histoire à Europe 1 est la dernière illustration qui veut que parler de Proust, c’est parler de soi.

Toute cette semaine, Franck Ferrand consacre la fin de son émission, Au cœur de l’Histoire, à Marcel Proust, sa vie et son œuvre. C’est à écouter de 14 h à 15 h ou, quand vous voulez, en podcast (https://itunes.apple.com/fr/podcast/id423534806).

Au-coeur-de-l-histoire-avec-Franck-Ferrand

 

En ouverture du premier épisode d’un quart d’heure, hier, il a tenu à livrer son propre témoignage sur sa découverte de la Recherche :

« Il y a un quart de siècle de ça, j’habitais dans le sud de Paris et je faisais mon service militaire au Château de Vincennes [à l’est]. Ça m’obligeait à faire quarante minutes de métro le matin et quarante minutes de métro le soir. Au départ, c’est pour meubler ces longs déplacements que j’ai ouvert sans rien en attendre de bien particulier un exemplaire de poche du roman Du côté de chez Swann, premier tome d’À la recherche du temps perdu. Au bout de trois jours, j’étais complètement accro ; après deux semaines, je devais faire un effort sur moi-même pour ne pas ouvrir le livre ailleurs que dans le métro — parce que je m’étais fixé ce cadre et je m’y suis tenu au fil des semaines, des mois, alors que s’égrenaient les volumes, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, Le Côté de Guermantes, Sodome et Gomorrhe. Quand je suis arrivé à La Prisonnière, je vivais tellement avec Proust, avec la musique de cette langue, si spéciale, avec la puissance de sa pensée qui rebondit en tous sens et qui se montre tellement pertinente et si drôle, tout ça m’était devenu si nécessaire que, sincèrement, je ne voyais plus comment j’aurais pu vivre sans. Lorsque s’est achevé mon service militaire, au bout des dix mois, j’en suis arrivé aux premières pages du dernier tome, Le Temps retrouvé. Et là, je me suis offert ce luxe inoubliable de lire d’une traite, tranquillement, comme ça, chez moi, loin des secousses et des klaxons du métro, Le temps retrouvé. C’est une expérience que je souhaite vraiment à tout le monde. »

 

Avec Franck Ferrand, Marcel Proust, c’est naturel — détournement d’un ancien slogan d’Europe 1. Touchant.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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