Quel rival pour Proust ?

Quel rival pour Proust ?

 

Vos lumières me sont nécessaires pour répondre à cette question qui me taraude : la singularité de Proust est-elle vraiment unique ?

En d’autres termes, y a-t-il des équivalents à la Proustmania dans le monde ?

 

Pour la constituer, il faut une écriture particulière, un sanctuaire visité, des admirateurs organisés, une notoriété planétaire, un nom référence, des études permanentes, des déclinaisons extra-littéraires.

Les esprits moqueurs rétorqueront que la liste est taillée aux mesures du cher Marcel mais je suis ouvert à d’autres critères.

 

Des noms me viennent bien mais je me garde de les livrer pour n’influencer en rien.

 

J’ajoute deux signes qui me paraissent singuliers : les lecteurs de Proust se souviennent de l’âge et des circonstances où ils ont découvert son œuvre et ceux qui ne l’ont pas lue en tirent gloire ou regret.

 

J’ai hâte de vous lire.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

19 comments to “Quel rival pour Proust ?”

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  1. Et je ne suis pas d’accord avec vous, Duquesne. Certes, Céline a une écriture particulière, qu’on ne finit pas d’interroger, mais je crois qu’aucun admirateur de cette écriture ne peut faire l’impasse sur l’odieux de l’auteur de « bagatelle pour un massacre ». C’est pourquoi, contrairement à Proust, il n’y aura jamais de rue Céline, de monument Céline, de musée Céline… Et, à mon sens (et bien que j’ai moi aussi eu un choc à la lecture du Voyage, et que je n’oublierai jamais les voix de Simon et d’Arletty récitant des passages extraordinaires de ce livre), il est fort bon qu’un minimum de respect moral empêche à tout jamais Céline d’être un héros de la littérature universelle, de l’aune de Marcel Proust.

  2. La lecture rend plus belle notre âme, pas la politique.

  3. Hors de ce débat, j’aurais proposé Montaigne.

  4. Disons qu’il est probablement nécessaire de dissocier les choses (l’homme et l’oeuvre), même si je reconnais que cet exercice n’est pas aisé. (Je n’ai jamais pu aller au-delà de la page 50 du « Voyage »).

    Quel rival pour Proust ? Pour l’heure, je n’en vois pas.
    Je réfléchis…

  5. Homère aussi pourrait faire l’affaire, non ?

  6. Youille, j’ai éclaté de rire : merci !

  7. Shakespeare? Borges? Kafka?

  8. Thinking about authors who have a passionate following…maybe J.R.R. Tolkien?
    (Vincent Ferre….combines both.)

    Agree with Thiago, Shakespeare also reveals « laws » of human behavior.

    Last night, I saw « Taming of the Shrew, »in Central Park, with an all female cast. Timely…thought of Lea and Albertine. 😉
    https://www.youtube.com/watch?v=ZcEbVmEwSmY

    Marcelita

  9. Selon la définition proposée, il faut se souvenir de l’âge et des circonstances de la découverte de l’auteur. Je ne vois que Proust qui y réponde.
    Sinon, j’aurais proposé Shakespeare.

  10. Fernando Pessoa ?
    (choc émotionnel du même ordre, au niveau de la puissance de l’écriture).
    Mais je doute que les critères évoqués soient remplis…

  11. Comme Clopine, j’ai immédiatement pensé à James Joyce : aussi illisible que Marcel 😉

  12. Moi j’aurais pensé à Harry Potter que je n’ai jamais lu et que je n’ai pas envie de lire. Une chose de plus à ajouter au caractère exceptionnel de Proust : l’ajout du nom Combray à celui d’Illiers.

  13. Ah oui, Kafka remplit pas mal de critères aussi. Mais pour moi, le lien avec cet auteur n’est en rien comparable avec ce que les proustiens éprouvent : cette sorte de « fierté » à avoir apprivoisé la lecture d’une telle écriture, et d’en avoir goûté le suc. Kafka fait peur, à mon sens, non ?

  14. Mais voyons, Cervantes, non? Shakespeare, et peut-être Ford Maddox Ford . . .

  15. Céline, personne d’autre. Il remplit tous les critères énoncés par Patrice Louis, sans doute mieux encore que Proust.

    Leur grand point commun est que leur manière a influencé tout le monde, a fait un bruit tellement massif que l’écho en perdure, mais qui a d’avance découragé toute tentative d’imitation.

    Notons que dans leurs œuvres la seule psychologie qui vaille est celle du narrateur, les autres personnages formant une prodigieuse collection de types originaux mais qui fondamentalement sont autant de fantoches inhabités.

    (Laissons de côté le ‘Voyage’, en fait c’est un peu le ‘Jean Santeuil’ de Céline, un hors-d’œuvre délectable mais qui sonne de travers, car l’auteur y règle ses comptes avec les illusions auxquelles il croyait dans sa jeunesse en prétendant n’y avoir jamais adhéré).

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