Le Grand-Hôtel et ses hôtes

Le Grand-Hôtel et ses hôtes

 

En français, hôte désigne aussi bien celui qui reçoit que celui qui est reçu… Le Grand-Hôtel de Balbec n’en manque pas.

 

Le personnel est très hiérarchisé.

Au sommet, trône le directeur général des palaces. C’est peut-être le propriétaire. Il a la haute main sur près d’une dizaine d’établissements disséminés en France. Il les visite tous pendant une semaine, passant de l’un à l’autre. Petit, les cheveux blancs, le nez rouge, impassible et parfaitement correct, il est connu comme l’un des premiers hôteliers d’Europe. La hiérarchie se fait sentir quand il vient. C’est donc le patron du directeur du Grand-Hôtel de Balbec.

Ce directeur a fait ses armes sous M. Paillard. Il est cosmopolite, Roumain naturalisé Monégasque. Il a commencé comme plongeur et se flatte de savoir à la perfection découper les dindonneaux.

Aimé, le maître d’hôtel, n’est présent que pendant la saison. Il joue les détectives privés pour le Héros, enquêtant sur les possibles activités homosexuelles d’Albertine.

Paul, le concierge, a la charge d’embaucher les chasseurs. Il éprouve une grande sympathie pour l’un d’eux qui passe son temps à saluer les clients avec sa casquette. Il porte habit bleu galonné d’argent.

Le garçon d’ascenseur est appelé lift (que Bloch prononce laïft), liftier, liftman. Il est très bavard et malmène la langue française. Il finit aviateur.

Il y a de nombreux chasseurs : des encore enfants, un qui louche, un qui reste planté.

Il y a un cafetier qui compte pour Françoise, un employé de la cuisine qui fait chauffer l’eau, une gouvernante d’étage, fille de Mme Goupil

Parmi les garçons de restaurant, deux sont fiancés.

Il y a un sommelier.

Chez les femmes de chambre, une est affreuse ; une autre fait des robes pour une Belge.

Deux courrières, nommées Céleste Albaret et Marie Gineste, prennent le Héros en sympathie.

Sans être employée de l’établissement, une laitière y apporte de la crème.

 

Passons aux clients du Grand-Hôtel :

Le Héros et sa grand’mère.

Mme de Villeparisis.

Le premier président de la Cour d’appel de Caen, M. Poncin, et son épouse.

Le bâtonnier de Cherbourg et son épouse.

Un notaire du Mans, M. Blandais, et son épouse,.

Le faux roi d’une île d’Océanie et son épouse.

Un jeune tuberculeux.

Nissim Bernard.

M. de Stermaria qui y a sa table attitrée.

Le marquis Maurice de Vaudémont, membre d’un groupe de quatre qui fait bande à part autour d’un jeune homme riche et de sa maîtresse, une actrice.

Une comtesse polonaise.

 

Certains fréquentent l’hôtel sans y avoir de chambre :

La princesse de Luxembourg, qui fait déposer des corbeilles pour Mme de Villeparisis.

Le comte de Crécy, invité à déjeuner par le Héros.

Le baron Charlus, qui déjeune avec un valet de pied de Mme de Chevregny.

Le chauffeur de Saint-Loup.

Un avocat passionné de Le Sidaner.

 

Enfin, de jeunes cavaliers montent devant l’établissement.

 

Ça en fait du monde, du beau ou non.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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